Plus de monde que prévu pour l’inauguration des Guillemins

BODEUX,PHILIPPE; RENETTE,ERIC

Dimanche 20 septembre 2009

La nouvelle gare des Guillemins, prouesse architecturale due à l’Espagnol Santiago Calatrava, a été inaugurée vers 21h30 par le prince Philippe. Face à la nouvelle gare, des dizaines de milliers de personnes ont ensuite assisté gratuitement au show orchestré par Franco Dragone.

Il n’y a pas que les trains qui n’arrivent pas à l’heure. Ce vendredi soir, après la coupure de ruban par le Prince Philippe, le spectacle de Franco Dragone s’est fait quelque peu attendre. « Désirer » diront ceux qui auront reconnu dans la gare Calatrava les courbes d’une femme nonchalamment étendue sur un grill ferroviaire.

Tiédeur du soir aidant, les spectateurs ont afflué par milliers pour découvrir la gare qui se dévoile. Amassés devant la cathédrale d’acier, ils ont dû quelque peu reculer pour que le spectacle commence. Finalement à 21h50, le compte à rebours était lancé au son des violons et d’une… ambulance qui tentait de se frayer un chemin malgré la noria installée autour de la place.

Un train d’où sortent des chevaux galopant sur le quai numéro un, une lune géante, des danseurs, des voltigeurs se sont succédé sur le parvis de la cathédrale pour ce qui ressemblait, à certains moments, à un opéra ferroviaire.

« Je ne vois rien, maman, c’est quoi ce qu’il y a là-bas ? », lance une petite fille installée, comme des milliers de personnes, sur le vaste espace situé devant la gare. Sur l’écran circulaire des images de propagande pour l’avenue de la Liberté dessinée par Calatrava se succèdent, des vues de la construction de la gare – tant d’ouvriers et de grues – alors que passent des poissons volants, comme si la gare était un aquarium. Les images se succèdent mais nombre de personnes s’en vont déjà. « On est trop loin, on ne voit rien ». On les retrouve, mangeant une glace, buvant une bière.

« Je n’ai jamais eu autant de clients en une fois, pourvu que ça dure », déclare une serveuse de la taverne de l’Univers. À côté, la file pour les frites est aussi longue – mais moins rapide – qu’un Thalys. Jacques Brel chante « Il neige sur Liège » et… il neige dans la gare. Subtile poésie en harmonie avec la voûte céleste d’acier. Mais bientôt les feux d’artifice se déclenchent. La gare deviendrait-elle un vaisseau prêt à décoller ? Non, les 10.000 tonnes d’acier restent clouées au sol. Les applaudissements fusent. Il ne manque plus qu’une livraison de terrasses pour les milliers de spectateurs qui veulent profiter d’une des dernières douces soirées d’été.

Les festivités ne sont pas finies pour autant. Dès ce samedi à 5h30, la gare s’ouvre au public avec notamment un concert de l’orchestre philharmonique de Liège dans un répertoire flirtant avec les musiques de train et de gare. Mais surtout, le grand public pourra enfin découvrir les entrailles de l’œuvre calatravesque. Le couloir sous voie, les commerces et boutiques, les passerelles. Par contre pour le parking vélo et le parking voitures de 750 places, il faudra encore un peu attendre. Ce dernier ne sera ouvert que lundi. De quoi permettre à la SNCB – qui n’a pas encore communiqué sur les modalités d’utilisation de ce parking relié à l’autoroute –. de réfléchir au tarif qui y sera pratiqué.

Pas de résultats.