Un lieu de prière fictif suscite la colère de musulmans

n.c.

Jeudi 24 septembre 2009

L’installation de l’artiste français Mehdi-Georges Lahlou interrogeait la place de la femme dans l’Islam. Elle représentait un lieu de prière, au milieu duquel se trouvait une paire de talons aiguilles rouges. Elle a été démontée plus tôt que prévu après avoir provoqué l’indignation et la colère de certains musulmans.

Cette reconstitution d’un espace de prière musulmane, dans laquelle on trouve des escarpins à talons, suscite l’indignation de personnes issues de la communauté musulmane, selon le gestionnaire de la galerie, Olivier Dejong. L’oeuvre de Mehdi-Georges Lahlou, recouverte ces derniers jours d’un panneau noir, aura été démontée plus tôt que prévu.

« L’installation ’Cocktail, ou autoportrait en société’ est une reconstitution d’un espace de prière musulmane, représenté à l’infini », a expliqué l’artiste français Mehdi-Georges Lahlou. « Une trentaine de tapis de prière sont disposés au sol en direction de la Mecque. Devant chaque tapis est placée une paire de chaussures masculines, qui représente l’homme’ en prière. Au milieu, sur un tapis vert, est disposée une paire de chaussures rouges brillantes à talons. Dans ma pratique, j’utilise très souvent ce seul stigma féminin pour me ’travestir’ et donc questionner ma sexualité », a confié Mehdi-Georges Lahlou.

« Les membres de la communauté musulmane identifieraient donc à première vue les chaussures rouges à une femme ou une prostituée qui serait en prière parmi les ’hommes’, ce qui est perçu comme un acte contre l’Islam », a ajouté l’artiste français. Celui-ci a déploré l’incompréhension à l’égard de son oeuvre, qui vient selon lui du fait que le titre ne soit pas lu. « ’Autoportrait en société’ laisse entendre que les escarpins rouges représentent l’artiste. Plus qu’une prostituée, c’est un travesti qui est représenté », a expliqué Mehdi-Georges Lahlou.

Vitrine abîmée

« La vitrine abritant l’installation a été la cible de jets de pierres et de crachats à plusieurs reprises et a même été ébréchée », a indiqué le gestionnaire de la galerie. Recouverte d’un panneau noir ces derniers jours, l’installation aura été démontée quelques jours plus tôt. « Il était de toute façon prévu de placer une nouvelle oeuvre lundi, mais nous aurions préféré enchaîner directement avec la nouvelle installation », a ajouté Olivier Dejong.

(belga)

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