Bataille immobilière pour la butte de Biez
ATTOUT,XAVIER
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Vendredi 25 septembre 2009
Grez-Doiceau Les gens veulent préserver leur paix
La raison de leur nouvelle mobilisation ? La demande de certificat d’urbanisme de type 2 introduite par le Centre mutualiste neutre de Biez, une ASBL en liquidation, qui dépend des Mutualités Neutres. La commune et le fonctionnaire délégué de la Région wallonne sont appelés à prendre position. Le document n’a pas la valeur d’un permis d’urbanisme. Mais la position adoptée devrait être la même que celle qui suivra la demande de permis.
Bref, Biez ne vit plus sur une butte mais sur un volcan. Ce hameau de 150 habitations a décidé de s’opposer à un projet que ses habitants qualifient de « disproportionné. » « Biez ne sera plus un village, mais deviendra une espèce de ville, de banale cité-dortoir », lance dans un communiqué l’ASBL Les amis de la butte.
Rétroactes. Les Mutualités Neutres liquident leurs activités de Biez depuis 2007. Exit l’école primaire spécialisée, la maison de repos et le centre pédiatrique. En cause : un passif de 5,5 millions d’euros. Avant de partir, elles souhaitent réaliser une dernière opération immobilière. La vente de quinze hectares de terrains, situés entre l’avenue des Sapins, l’avenue Félix Lacourt et la rue du Beau-Site permettrait de diminuer le déficit de près d’1,5 million. La suite des opérations est ficelée. Dès le permis obtenu, les terrains seront revendus à la société Moury Construct. Une promesse de vente a déjà été signée.
Le projet actuel ne diffère pas de celui de 2008. Il concerne la construction de quinze habitations unifamiliales (1.000 m2, rez + 1), à proximité du cimetière. Une voirie serait créée rue du Beau-Site pour y accéder. Une résidence services, comprenant cinquante appartements, verrait le jour à la place du parking actuel. Enfin, trois bâtiments (rez + 2), comprenant chacun 16 appartements, seraient aménagés à l’angle de l’avenue des Sapins et de l’avenue Félix Lacourt. L’accès se ferait par ces deux voiries.
Le collège de Grez-Doiceau devrait donner son avis dans les prochaines semaines.« On pourrait scinder la demande en deux ou trois, note le bourgmestre Alain Clabots (L’Équipe). Dans tous les cas, il faudra argumenter. Quoi qu’on décide, ce sera trop pour les uns et pas assez pour les autres. »
Cette scission du dossier viendrait du fait que les habitations unifamiliales sont situées en zone à bâtir tandis que les appartements et la résidence services sont en zone d’aménagement communautaire. Certaines demandes respectent le Cwatup (Code wallon de l’aménagement du territoire et de l’urbanisme) alors que d’autres exigent des dérogations. Du côté du promoteur, on se montre confiant. « L’étude d’incidence a relevé qu’il n’y a pas d’incidence sur la faune et la flore, explique Bernard Jourde, directeur commercial de Moury Construct. Les problèmes de mobilité sont mineurs. La circulation va augmenter mais on fera des aménagements. Le dossier tient la route et correspond à ce qui est autorisé. »
