Le Midi ne connaît plus la crise

ROBERT,FRANCOIS

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Mardi 29 septembre 2009

Urbanisme Les nombreuses mutations en cours métamorphosent le quartier

On tourne la page et on regarde vers l’avenir. C’est en substance le message qu’a donné l’échevin saint-gillois Patrick Debouverie (MR), en charge du développement du Quartier du Midi. Il vient de présenter un énorme travail de compilation, reprenant tous les projets en cours et à venir dans le Midi. Le tout compose le tableau d’un quartier en pleine mutation, aux antipodes de l’image véhiculée actuellement.

« Ce qui se crée dans le Midi, déclare l’échevin, c’est un nouveau morceau de ville ». Au cœur de ce renouveau, le TGV et la gare du Midi. En chiffres, cela représente 12 millions de passagers, 96.000 entrées quotidiennes et une liaison vers Londres en plein développement (+ 16 %). Dans le sillage du train à grande vitesse, on a construit un centre commercial qui marche très bien et une place Horta animée qui a fait le plein des enseignes (tous les espaces horeca sont occupés). « Nous sommes à un moment charnière, poursuit l’échevin. Nous sommes au bout des soucis. Le dernier plan d’expropriation est un succès. Et lorsque l’on voit les permis déjà délivrés, les projets en cours, les projets sur le point de passer en concertation, on se rend compte de la mutation. Fin 2011, le quartier sera méconnaissable ».

Certaines transformations sont déjà évidentes. Côté Fonsny, les quatre îlots « régionaux » sont maintenant en voie de reconstruction. Patrick Debouverie estime également que le logement n’a pas souffert de l’essor du bureau. Si l’on considère l’ensemble du quartier, ce sont 446 logements qui s’érigent. Les démolitions en bordure de la rue Fonsny sont compensées par les nouvelles constructions. Il s’agit d’un logement varié qui s’adresse toutes les catégories sociales.

Cet essor ne se manifeste pas seulement dans le logement. Manifestement, le Midi ne connaît pas la crise. On y compte déjà plus de 400 chambres d’hôtels et on en attend 500 autres. Toutes les études de marché semblent favorables au Midi. Atrium (l’agence régionale de développement commercial) est sur le qui-vive et suit pas à pas les progrès réalisés. Quant au célèbre marché du Midi (le dimanche matin), il draine une chalandise qui va au-delà de nos frontières.

Les fonctionnaires qui remplissent les bureaux le long de l’avenue Fonsny stimulent déjà le commerce de proximité. Ils sont 12.000 et leurs effectifs vont encore gonfler avec l’arrivée du groupe Smals, (700 personnes).

Rappelons par ailleurs que le Midi figure en bonne place dans le PDI, plan régional de développement de Bruxelles. Il fait l’objet de soins attentifs du public. Ainsi, Beliris prépare le réaménagement de l’esplanade de l’Europe, trop longtemps négligée. Quant aux travaux de la place Broodthaers (projet Beliris), ils s’achèveront en juillet 2010. En matière de propreté, le quartier du Midi fait désormais partie des priorités du secrétaire d’Etat Emir Kir (PS).

Enfin, il y a la gare du Midi, porte de la capitale de l’Europe. La SNCB a confié à l’architecte Jean Nouvel le soin de refaire son entrée rue Fonsny. Ce projet s’inscrit dans un masterplan qui vise les zones ferroviaires et ses abords. Le plan vient d’être soumis ce mois-ci au comité de pilotage, où l’on retrouve Saint-Gilles, Anderlecht et bien sûr la Région.

Une dimension culturelle grâce à l’année de la BD

L’urbanisme, ce n’est pas seulement du béton, des briques ou du verre. Dans le quartier du Midi, la dimension culturelle trouve sa place et se manifeste d’une façon bien sympathique par des projets liés à l’année de la BD. Ils se sont été concrétisés en partenariat avec le privé, l’associatif, les habitants, la Région et la commune de Saint-Gilles.

Ainsi, grâce à l’agence Atrium et aux éditions du Lombard, une fresque géante, composée de 50 personnages, agrémente aujourd’hui le pignon d’un immeuble du dernier îlot en friche du quartier, dans l’attente d’un prochain projet de reconstruction. Une autre fresque a été récemment inaugurée, installée sur la façade de l’institut Sainte-Marie. Elle a été conçue et réalisée par des enseignants et des étudiants en collaboration avec le Lombard. Enfin, les palissades du chantier de l’îlot D présentent, sur fond de projets immobiliers, quelques personnages du Lombard.

Il n’y a pas que la BD. Avec l’aide de la commune et de l’hôtel Ibis, les vitrines de cet hôtel accueillent désormais des œuvres d’artistes (notamment du quartier). L’opération pourrait être étendue aux futurs espaces occupés par Smals, offrant ainsi une galerie à ciel ouvert des deux côtés de la rue d’Angleterre.

Ajoutons enfin la Maison de la Culture (une initiative communale), inaugurée en 2008, rue de Belgrade. Et la volonté affichée par la Stib et la SNCB de valoriser la rue Couverte, par la pose d’informations visuelles en rapport avec la gare. Un projet soutenu par Atrium.

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