Plus lentement, plus sûrement
VOOGT,FABRICE
Page 22
Vendredi 2 octobre 2009
Série (4/7) Négociations budgétaires
Je ne dirais pas que cette législature a mal commencé, mais que la précédente s’est mal terminée. Je ne veux pas jeter la pierre à ma prédécesseur
Je ne tiens pas à m’enfermer dans un objectif chiffré ni à me limiter à la construction. Construire du logement prend des années et coûte cher. Or on sait qu’il y a des milliers de familles qui sont en attente d’une solution. On se doit donc d’utiliser tous les outils pour y parvenir : les agences immobilières sociales, le fond du logement… Et puis, il y a les bureaux. Le secteur lui-même sait qu’une partie des deux millions de mètres carrés inoccupés ne sera pas affectée à du bureau. Travaillons alors à des réaffectations en logements quand c’est possible. Bref : je veux étudier comment utiliser de la façon la plus efficace les rares deniers publics qui sont à notre disposition.
Attention à ne pas dire que l’autre méthode était efficace et que la mienne ne fonctionnera pas. C’est la méthode précédente qui était paralysante ! Je vais précisément agir autrement parce qu’elle n’a pas fonctionné. Le fait d’être plus rond ne signifie pas que l’on soit moins efficace. Au contraire. Prendre le temps d’expliquer, d’écouter et de mieux préparer les dossiers, c’est se donner plus de chances de réussir. Même peut-être plus rapidement.
Je ne commettrai pas l’erreur faite sous la législature précédente. Je rentre dans une logique de moyens, pas de chiffres. Mon objectif n’est pas de construire du logement, mais d’en mettre à disposition. La construction est un moyen d’y parvenir, mais, encore une fois, pas le seul.
Ceux qui devront faire mon bilan ne manqueront pas de trouver des moyens d’évaluation pour le faire. Je leur fais confiance ! J’attire juste l’attention sur le danger du chiffre. Il conduit, je l’ai constaté, à la tentation de monter dare-dare des projets dans de mauvaises conditions. Je ne veux pas me mettre dans des conditions qui me pousseraient à mal faire mon travail.
L’accord de gouvernement est clair à ce niveau-là : On doit arriver à 15 % de logement à finalité sociale dans toutes les communes dans les dix ans. Mais la question du logement ne concerne pas que le public du logement social, même si elle est, pour lui, encore plus préoccupante. Le droit au logement est un droit constitutionnel. Il doit être vrai pour tous, qu’on entre dans les critères pour le logement social ou qu’on soit étudiant, retraité, handicapé ou famille nombreuse. J’essaierai d’être créatif à cet égard.
Je qualifierais celle-là plus d’occupation d’urgence. C’est une manifestation urbaine qui peut se comprendre, même si je ne l’encourage pas. Au bout de démarches multiples et tout en restant dans une logique de dialogue, certaines personnes occupent un lieu qui n’était pas à l’abandon. Nous avons trouvé un compromis. Les propriétaires sont d’accord de mettre le permis d’expulsion momentanément de côté. On doit être créatif et tenter de conclure, avec le secteur du bureau des contrats précaires pour que tout le monde s’y retrouve. Le locataire, parce qu’il dispose d’un logement et le propriétaire, puis que son bien serait de toute façon vide.
Un cadre pour les pompiers
Le dossier des pompiers est délicat. Un certain nombre d’avancées, comme le cadre linguistique, dépendent du fédéral. Ce qui m’importe, en attendant, c’est que les femmes et les hommes qui exercent ce métier puissent le faire dans les meilleures conditions de sécurité. La caserne Pacheco est un enjeu important à cet égard. On doit obtenir un poste avancé de ce côté-là ».
Défendre la politique, pas l’institution
En la matière, la priorité serait, pour le touriste comme pour le Bruxellois, d’apporter une meilleure lisibilité à un secteur où le partage, voire la superposition, des compétences, entre la Région, la Cocof, la Ville ou encore Toerisme Vlaanderen, conduit à une certaine cacophonie. « Cela va beaucoup mieux qu’avant, tempère prudemment Christos Doulkeridis qui a repris cette compétence occupée précédemment par Evelyne Huytebroeck (Ecolo), mais c’est vrai qu’il y a beaucoup d’acteurs, comme souvent à Bruxelles. C’est pourquoi on a besoin, peut-être plus que dans d’autres pays, de femmes et d’hommes politiques qui ont la capacité de travailler avec d’autres, sans ostracisme. C’est impératif dans un contexte budgétaire difficile – il manque toujours 12,5 millions d’euros pour boucler le budget de la Cocof, pour démultiplier l’efficacité de notre action ».
En dehors de la possible régionalisation du Tourisme, plaidée tant par le président du BI-TC Philippe Close (PS) que par Evelyne Huytebroeck, Christos Doulkeridis n’a pas encore de piste concrète pour améliorer l’efficacité de cette politique, sinon de promouvoir le secteur plutôt que ceux qui en ont la charge : « J’espère que c’est aussi le cas de Philippe Close. Il y a deux façons de travailler ensemble. D’abord la manière institutionnelle. Elle est toujours reportée aux Calendes grecques et elle suppose de lourdes négociations. Je ne désespère pas quelles aient lieu sous cette législature et que l’on dise à un moment donné que le Tourisme passe des Communautés aux Régions. Je défendrai cela… et je prendrai la compétence à la Région (rires). Mais l’erreur serait d’attendre les réponses institutionnelles. Il est possible, ou plutôt indispensable, en respectant le rôle des uns et des autres, de faire déjà beaucoup mieux aujourd’hui ».
Car, non, « ce n’est pas parce qu’elle est mal gérée que la Région bruxelloise a un problème de financement. Oui, « il y a des avancées à faire dans l’organisation de l’espace bruxellois ». C’est d’ailleurs l’un des objectifs du gouvernement, qui s’est engagé à mettre en place un groupe de réflexion sur les relations entre la Région et les communes, pour plus d’efficacité. « C’est dans l’intérêt de tous, estime le mandataire Ecolo. Ne nous regardons plus en chiens de faïence et évitons les surenchères électoralistes. Notre problème essentiel, c’est un sous-financement structurel lié à une mauvaise considération par le fédéral et les autres régions. Mais que cela ne nous empêche pas de réfléchir pour améliorer la cohérence des politiques. Quand on est dans une institution, c’est pour défendre une politique, pas l’institution ».
