Malaise sur le front des zonings

BODEUX,PHILIPPE

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Jeudi 8 octobre 2009

Economie La SPI+ mise en concurrence avec la Sowaer

L’aéroport de Liège via sa filiale – en voie de création – « Liege Airport business park » compte bien gérer tout seul comme un grand les 380 hectares autour de l’aéroport de Bierset (Le Soir du 7 octobre) en les équipant et les vendant à des entreprises. L’acteur-clé de ce dossier important pour le redéploiement économique liégeois est la Société wallonne des aéroports (Sowaer), futur partenaire de « Liege Airport business park ».

Elle a désormais la propriété de quasi tous les terrains achetés ou expropriés par la Région autour de l’aéroport et peut, grâce à une décision de l’ancien ministre Antoine, obtenir des subsides wallons pour équiper puis vendre ses terrains à des entreprises privées.

Pile-poil le métier de l’intercommunale de développement économique, la Spi+. C’est d’ailleurs une première : la Sowaer, une société privée à financement public – la Région lui a constitué une réserve de 500 millions d’euros pour acquérir les terrains autour de l’aéroport – devient concurrente d’une autre société financée par les pouvoirs publics, la SPI+.

Entre les deux, le malaise est évident. Et pourrait se transformer en règlement de comptes. « Nous avions une convention avec la Sowaer pour étudier la faisabilité de l’équipement de toute la zone, explique Françoise Lejeune, directrice de la Spi+. Elle a été dénoncée unilatéralement par la Sowaer et de manière non-officielle. Or, nous avons engagé des dépenses pour cette étude ».

Du côté de la Sowaer, le message est clair. « Nous avons le libre choix pour équiper nos 380 hectares. La convention avec la SPI+ est devenue caduque. On ne coupe pas les contacts avec la SPI+ mais cela se limitera à s’échanger des infos concernant l’accueil des investisseurs, explique Vincent Gernay, porte-parole de la Sowaer. Pour nous, ce qui importe c’est de développer l’accueil d’entreprises liées au secteur aérien ou qui veulent s’implanter près de l’aéroport pour des tas de raisons ».

Une source bien informée ajoute que la SPI+ a été « écartée en raison de son immobilisme ». Ce qui étonne Françoise Lejeune : « Nous travaillons avec l’ensemble des autres opérateurs wallons et cela se passe très bien ».

Reste à voir comment la posture de « cavalier seul » de la Sowaer sera perçue par les autres acteurs publics du développement économique liégeois. Si la Sowaer permet la création de bureaux « conventionnels » à Bierset part exemple, elle risque de mettre à mal les projets de bureaux en centre urbain. Que ce soit autour de la gare des Guillemins, à Herstal ou à Seraing. Sans compter qu’une nouvelle mobilité sera à inventer dans cette nouvelle zone économique.

Or, comme elle le confirme, la Sowaer ne veut pas d’un mécanisme d’arbitrage obligatoire pour régler les éventuels cas de concurrence entre opérateurs sur le terrain du développement économique. « Nous sommes libres de faire ce qu’on veut, déclare Vincent Gernay. La seule limite que l’on s’impose c’est de ne pas prospecter ailleurs qu’autour de l’aéroport ».

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