Deux femmes pour un bureau

WYNANTS,JEAN-MARIE

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Lundi 12 octobre 2009

Scènes « L’envoûtement »

Patricia travaille depuis 16 ans dans une grosse société d’organisation de concert. Un boulot auquel elle se consacre corps et âme ne s’accordant que quelques escapades dans un club de gym. C’est là qu’elle rencontre Marylène, fille un peu pataude qui vit avec sa mère et s’ennuie mortellement.

Immédiatement, Patricia et Marylène sympathisent. La première invite la seconde à un concert et lui fait rencontrer son patron, Daniel. Moche mais terriblement charismatique, Daniel est comme un dieu pour Patricia. A la grande surprise de celle-ci, Marylène débarque dans son bureau quelques jours plus tard pour lui annoncer qu’elle est engagée pour travailler à ses côtés durant 6 mois. Trois semaines plus tard, sur ordre de Daniel, transmis par Marylène, Patricia doit libérer son bureau pour permettre à cette dernière de l’occuper…

Ce type d’histoire est, hélas !, devenu quasiment banal dans le monde des entreprises. La bonne idée de l’auteur, Jean-Pierre Dopagne, est d’avoir situé cela dans le secteur de la culture où l’on a parfois l’illusion que les choses sont différentes, les rapports plus humains.

La deuxième bonne idée ne peut être racontée sans dévoiler la fin de la pièce. On pourra juste dire qu’au terme d’un processus d’humiliation absolue, Patricia repartira de plus belle, comme si tout cela ne lui avait rien appris.

L’envoûtement montre également que l’omnipotent patron, qu’on ne verra jamais, est finalement un paravent idéal pour trahir ses proches avec une facilité déconcertante. « C’est une décision de Daniel », se défend constamment Marylène.

On reste plus mitigé sur la crédibilité du travail dans cette boîte de production et sur les rapports d’amitié entre les deux femmes. Tout comme on comprend mal pourquoi la mise en scène nous plonge dans un univers visuel aussi terne et gris. Alix Mariaule et Delphine Charlier, trop démonstratives au début, trouvent par contre leurs marques petit à petit et finissent par rendre leurs personnages à la fois crédibles et interpellants.

Jusqu’au 31 octobre au Petit théâtre Mercelis, www.argan42.be,

070-75.42.42.

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