Bonjour l’aventure !

MARTIN,SERGE

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Lundi 12 octobre 2009

Musique Stockhausen et Kagel

Le 13 octobre, le Goethe Institut fête son 50e anniversaire au Palais des Beaux-Arts.

Au programme, Erwachen, une création mondiale de Stockhausen et In der Matratzengruftune, une création belge de Mauricio Kagel. Deux figures liges des festivals de musique contemporaine depuis « Reconnaissances musiques modernes », qui n’ont pas toujours fait l’unanimité. On a parfois qualifié Stockhausen d’illuminé et Kagel de fumiste. Leurs dernières œuvres viennent remettre les pendules à l’heure comme si les deux créateurs avaient souhaité au crépuscule de leur vie nous redonner les clés de leur processus créateur.

Kagel a toujours été l’homme de l’humour décapant ; il est resté à sa table de travail jusqu’à son dernier souffle, trouvant dans un texte d’Heinrich Heine la lassitude de l’homme qui traverse un calvaire de souffrance. Tout comme le poète, il traite le propos dans un mélange de tristesse et d’ironie qui n’est pas sans rappeler le Pierrot lunaire de Schoenberg.

Après avoir travaillé 25 ans sur les mois de l’année, Stockhausen a décidé d’évoquer les 24 heures de la journée : 21 sont terminées mais nous ne possédons quasiment rien pour les trois dernières. Selon Marco Blaauw, le trompettiste hollandais qui participe à la création de Erwachen, « le premier cycle, “Licht” relevait du théâtre musical alors que le dernier, “Klang”, est avant tout un cycle de musique de chambre écrit pour l’électronique ou des ensembles de un à sept instruments. La 5e heure “Harmonien” nous livre le matériel qui servira de base à cette musique de chambre : l’usage de ce matériel sera fort semblable d’une pièce à l’autre et le compositeur en appelle à l’effort de l’auditeur pour en percevoir les différences. Comme L’Art de la Fugue de Bach, c’est donc une œuvre de synthèse qui demande un gros effort intellectuel de l’auditeur. »

Instrumentalement, la partition est d’une redoutable exigence instrumentale. « Quand Stockhausen avait terminé une pièce, il la répétait inlassablement avec nous jusqu’à ce que nous ayons atteint le degré de perfection qu’il attendait. Aujourd’hui, il nous faut aborder ces nouvelles pièces en son absence en nous demandant comment il aurait souhaité que nous les exécutions. Mais cette démarche résume toute la philosophie de Stockhausen : on apprend en jouant. Bach ne disait rien d’autre. »

Stockhausen : Kreuzspiel, Erwachen ; Kagel : Osten, In der Matratzengruft ; Palais des Beaux-Arts, mardi 13.

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