Mieux vaut la contrainte de la loi que la fin de la liberté !
n.c.
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Mercredi 14 octobre 2009
Carte blanche
Les fantasmes les plus transgressifs, les déviances les plus sordides peuvent être sujets de fiction et de création. L’art peut nous faire voir la bête immonde qui sommeille en nous. Les auteurs peuvent nous faire voir la complexité et la fragilité de l’existence, mais jamais l’art ne doit nous permettre d’oublier la loi des hommes. Défendre Polanski, puis avouer dans une confession-spectacle qu’on a juste eu tort d’avoir des rapports sexuels tarifés à Bangkok, c’est tout de même banaliser le commerce des corps. La confession d’un ministre ou d’un artiste ne doit jamais légitimer des passages à l’acte pervers, la confession ne peut jamais permettre de banaliser la transgression de la loi.
Restons vigilants, n’oublions jamais que le respect et la protection des mineurs, la non-marchandisation de la sexualité sont des lois universelles qu’il faut défendre, et qui ne peuvent être implicitement remises en question par des hommes publics. Il y a pour le politique et l’artiste une responsabilité d’exemplarité à assumer. Loin de moi de penser que la nature humaine est pure, mais nous avons, nous auteurs, au nom de l’art et de son indispensable fonction sociale, l’obligation de respecter et faire respecter ces lois universelles qui fondent notre société. L’artiste mérite la justice des hommes et l’art mérite la critique des hommes. Sans cette distinction, le retour de flamme sera terrible, car c’est l’art que l’on va juger, alors que ce sont les hommes qui méritent la justice. En voulant se dérober à l’Etat de droit, l’artiste n’est pas dans la sublimation ou la catharsis, il est juste hors la loi.
Alors voilà, l’actualité fait apparaître une réalité : nombre d’entre nous sont aujourd’hui incapables d’expliquer pourquoi majeurs et mineurs n’ont pas à partager la sexualité et pourquoi on ne peut pas acheter un corps. Ce silence est trop bruyant. Il nous faut réfléchir au sens de ces lois universelles qui fondent notre société, pour mieux les intégrer et les respecter. Cette démarche, c’est collectivement que nous devons l’entreprendre.
