Des souris et un assassin

MAKEREEL,CATHERINE

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Mardi 20 octobre 2009

Théâtre Agatha Christie aux Galeries

CRITIQUE

On peut dire que les Galeries se polar-isent. Après L’assassin habite au 21 de Stanislas-André Steeman la saison passée et Piège pour un homme seul de Robert Thomas cet été, le théâtre met aujourd’hui en scène une comédie policière d’Agatha Christie : La souricière.

Classique parmi les classiques, cette pièce à suspense trouve d’emblée chaussure à son pied dans le décor réaliste et soigné de Francesco Deleo. Quand le rideau s’ouvre, on pénètre dans un salon cossu du Manoir Monk-swell. Alors qu’un feu crépite dans la cheminée de cet intérieur « so british », on aperçoit – par une large baie vitrée centrale – la neige tomber sur ce domaine situé en pleine campagne anglaise et bientôt coupé du monde par les intempéries. A moins que les câbles téléphoniques n’aient été coupés par plus vicieux que le poids de la neige…

C’est le grand jour pour Mollie et Giles Ralston : ils ont transformé le manoir en pension de famille et s’apprêtent à accueillir leurs premiers pensionnaires. Trop affairés, ils n’entendent pas la radio annoncer qu’un meurtre vient d’être commis à Londres. Un à un, les quatre clients inscrits débarquent au manoir avant l’arrivée d’un mystérieux Italien à l’accent douteux, dont la voiture serait en panne non loin de là. Pour compléter cette souricière, le sergent Trotter arrive en ski afin de prévenir la maisonnée que des indices laissés par le meurtrier de Londres laissent penser que ce dernier aurait prévu de se rendre au manoir. Il explique que la victime de Londres fut accusée jadis de maltraitance sur trois enfants dont elle avait la garde, l’un d’entre eux décédant des mauvais traitements. La police soupçonne l’un des deux autres enfants de chercher aujourd’hui vengeance. S’inspirant d’une comptine, le meurtrier s’est juré d’attraper les « trois souris aveugles ». Quand Mrs Boyle, une des clientes, est retrouvée assassinée, tous comprennent que le meurtrier est parmi eux.

Selon la règle du genre, chaque personnage, sans exception, a des raisons d’être soupçonné. Fabrice Gardin, nouveau venu parmi l’équipe de metteurs en scène des Galeries, manie avec doigté les ficelles de la comédie policière : petite musique intrigante, personnages typés avec humour, utilisation rythmée des multiples issues du décor. Les comédiens jouent leur partition sans accroc et si la fin nous a semblé un peu expédiée, la mise en scène mitonne bien son suspense.

Jusqu’au 14 novembre au Théâtre des Galeries, Bruxelles. Tél. 02-512.04.07.

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