La Chauve-Souris quittera son nid

MOREL,PIERRE

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Mardi 20 octobre 2009

Liège Le juge de paix donne deux mois au collectif pour quitter son « squat »

La justice de paix de Liège a rendu son verdict dans l’affaire de l’occupation par le collectif « La Chauve-Souris » des locaux abandonnés de l’ASBL Cejoli (centre de jour liégeois), rue Chauve-Souris à Liège. Le juge ordonne une « migration » de la partie à la cause (soit le seul membre du collectif domicilié sur place et donc le seul cité par le propriétaire), « ainsi que de toute personne ou bien se trouvant sur les lieux ». Une expulsion qui pourra cependant avoir lieu « le 10 décembre au plus tôt ».

En soi, le jugement n’a rien de surprenant, les occupants ayant reconnu qu’ils habitaient les lieux « sans titre ni droits ». Le juge souligne cependant que « les parties ont eu l’élégance et le courage de déployer l’énergie nécessaire pour élever le débat avec plus d’ampleur ». Ainsi, le défendeur faisait appel à l’article 23 de la Constitution, qui traite des droits économiques et sociaux et notamment celui de l’accès au logement. Mais le juge estime que ce n’est pas aux personnes privées, mais au pouvoir public de le faire appliquer. Et qu’en l’espèce, « aucune obligation ne peut peser sur le demandeur (NDLR : le propriétaire) de contribuer à assurer un logement décent au défendeur ».

Les pouvoirs publics

appelés à l’aide

Cela étant dit, le juge avait tout loisir d’ordonner une expulsion immédiate. Mais il s’appuie sur ce fameux article 23, ainsi que sur l’exercice « maladroit et inapproprié » de son droit par l’ASBL (quand elle tenta en mars de faire démolir le bâtiment occupé), pour donner un délai aux occupants avant de quitter les lieux. Tout en constatant qu’ils y sont par ailleurs déjà… depuis plus d’un an.

Bref, cette affaire aura au moins eu le mérite judiciaire d’« élever le débat » sur le droit à la propriété et au logement. Mais l’avocat du défendeur, Me Zaverio Maglioni a un regret : « Je fondais mon action sur l’abus de droit, explique-t-il. Soit le fait que, n’ayant strictement aucun projet pour ce bâtiment, le propriétaire abusait de son droit en voulant à tous crins en expulser mon client. Le jugement ne se prononce pas du tout là-dessus. Je regrette que cette question, cruciale, n’ait pas pu être tranchée. »

Quant aux occupants, eux aussi s’attendaient à une expulsion. « C’est simplement dur d’être expulsé en plein hiver, confie le porte-parole du Centre social autogéré. Mais nous allons profiter de ces deux mois pour relancer les autorités communales liégeoises et voir si on ne peut pas trouver une solution pour que perdure une expérience de centre social à Liège… Il y a assez de bâtiments vides qui pourraient nous accueillir à plus long terme. »

La Chauve-Souris organisera par ailleurs le 14 novembre (rendez-vous à 17 heures place St-Léonard) une manifestation « Pour la liberté d’occuper des lieux abandonnés, pour la défense des squats et de centres sociaux occupés et Contre la répression des alternatives ».

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