Ghinzu loves Paris, et inversement

MANCHE,PHILIPPE

Samedi 24 octobre 2009

Vendredi soir, dans un Zénith blindé, Ghinzu a offert une prestation héroïque. Cette date en forme d’apothéose, les musiciens et toute l’équipe l’avaient en ligne de mire depuis des mois. Le reportage de notre envoyé spécial sur la tournée, Philippe Manche

Après Toulouse, Lyon et Clermont-Ferrand, c’est Paris et son Zénith qui attendaient de pied ferme les auteurs de Mirror Mirror. Cette date en forme d’apothéose que les musiciens et toute l’équipe avaient en ligne de mire depuis des mois.

En forme club (soldout), 4.200 personnes, ont – nous l’écrivions hier en anticipant un petit peu – vibré pendant plus de nonante minutes d’un concert qui en a scié plus d’un. Il suffit d’aller jeter un œil sur la page Facebook de Ghinzu pour se rendre compte que le groupe touche – au propre comme un figuré – de plus en plus de gens. Comme sur les autres dates de cette tournée française, c’est un public mélangé et globalement adulte qui constitue la grosse frange de spectateurs. Des fans de rock avant tout. Des fans d’électricité et de tension. Des fans ouverts aussi puisqu’à chaque fois, Soldout a eu droit a énormément de respect.

Idem à Paris. Si le concert de Clermont était foncièrement punk, Soldout l’a joué plus massif et frontal devant les parisiens. Le son était monstrueux et la demie heure (que des nouveaux morceaux du nouvel album excepté « I don’t want to have sex with you ») passe comme une lettre à la poste. Le visuel de notre ami Fred accentuant le côté hypnotique et transe des petites bombes électro de David et Charlotte, sur un petit nuage après leur prestation.

Dans les loges du Zénith, la tension a légèrement monté au fur et à mesure que se rapprochait 21h15. La balance fut une fois le plus théâtre de réglages minutieux afin d’éviter les petits soucis de retour ou de réverbération de la veille. Mais mine de rien, Jean, Greg, Antoine, Mika et John ont tout fait pour passer une journée normale, avec quelques interviews en fin d’après-midi.

Premier constant dès les premières notes de « Mother Allegra ». Le public ne s’est pas trompé. C’est bien Ghinzu qu’il vient voir. Le son est énorme. « Mirror Mirror » en embuscade est vicieux et suffoquant à souhait. Ce morceau, musicalement parlant, est anxiogène à mort et capte on ne peut mieux l’air du temps. C’est dit.

Petit à petit, le groupe semble se libérer même si Antoine, toujours aussi fin et puissant, ne profite pas vraiment du concert à cause de problèmes de retour. John est sobre. Mais précis. Et se lâchera aussi progressivement. Le sourire qui illumine le visage de la figure de proue de Ghinzu est presque touchant tant il mesure combien le public vacille petit à petit à la cause. Et même s’il doit voir que ce sont surtout les premiers rangs qui sont les plus turbulents. A Paris aussi, le standard du rock et du rhythm’n’blues qu’est « Twist and shout » est jouissif et salvateur. D’autant que suit « The end of the world », avec son intro très « Lust for life » d’Iggy. John chope un drapeau Belge. Se prend un bain de foule. Est littéralement survolté. Et le son toujours aussi costaud. Sans véritable baisse de régime, sauf peut-être au début des rappels (et toujours ce « Mine » hypnotique à mort), Ghinzu livre un set impressionnant. Devant un public qui s’est pris une véritable claque. Sur les planches – on l’a déjà dit et écrit à de nombreuses reprises alors on va en rajouter une petite couche en radotant encore un peu – Ghinzu est un sacré groupe de scène qui n’a rien à envier à ses collègues internationaux.

Dans les loges, les visages sont rayonnants et tout le monde a l’air sur son petit nuage. Comme si chacun souhaitait savourer l’instant présent.

Ah oui, vendredi soir, c’est aussi jour de fête ? Certes, certes l’après concert fut légitimement festif. C’est sûr qu’on faisait moins les marioles lorsque le bus nous a débarqué samedi sur le coup de neuf heures du matin sur le sol bruxellois…

www.ghinzu.com

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