Nouvelles éoliennes en mer du Nord

CONDIJTS,JOAN

Mardi 27 octobre 2009

La société wallonne Air Energy a obtenu une concession de 22 km de la côte pour ériger 60 éoliennes. Le ministre de l’Énergie Paul Magnette a attribué la concession la semaine dernière. Les premières éoliennes devraient sortir des flots en 2012 et livrer leurs premiers kilowattheures en 2013 ou 2014. Un projet de 1,5 milliard d’euros. Par Joan Condijts

Selon nos informations, une cinquième concession domaniale en vue de l’érection d’éoliennes au large de la côte belge a été accordée la semaine dernière par le ministre de l’Énergie, Paul Magnette (PS).

Quatre candidats avaient introduit une demande d’exploitation pour ce site qui est le plus proche du port de Zeebruges (cf. carte) : Elnu, Evelop Belgium, North Sea Energy ainsi que North Sea Power. Ce dernier l’a emporté.

Derrière ce nom qui a obtenu la faveur de l’administration de l’énergie, se dissimule la société wallonne Air Energy. Une entreprise née à l’aube du siècle de la volonté de deux hommes, Frédéric Dawans et Luc Regout. Un duo qui se retrouve, quelques années, plus tard au pilotage d’un projet colossal puisque « North Sea Power » prévoit 60 moulins et un milliard et demi d’investissements. « C’est formidable, s’enthousiasme Luc Regout que nous avons joint ce lundi soir. Nous nous sommes associés à Eneco, notamment pour leur connaissance dans le domaine de l’éolien offshore (cette société néerlandaise a acquis 85 % du capital d’Air Energy l’an dernier, NDLR). C’est un important producteur d’électricité verte qui exploite déjà un parc au large d’Ijmuiden, aux Pays-Bas, dans des conditions similaires à celles au large de Zeebruges : une profondeur d’environ vingt-cinq mètres et une zone d’exploitation située à une vingtaine de kilomètres de la côte. »

Le montage financier s’appuiera sur des fonds propres et sur des emprunts : « Seul on aurait eu des difficultés, concède Luc Regout, mais avec Eneco, ça ne pose pas de problème. Ce groupe bénéficie d’une stabilité financière importante. » Les premiers moulins devraient, selon les promoteurs du projet, sortir des flots en 2012, livrer leurs premiers kilowattheures en 2013, voire 2014, et afficher, à terme, une production annuelle qui pourrait dépasser les 1.360 gigawattheures. « Ce qui équivaut de la consommation de 350.000 ménages », précise Luc Regout.

Le 15 septembre 2008, la Commission de régulation de l’électricité et du gaz (Creg) avait clos l’appel à candidatures pour les quatre concessions qui restaient à attribuer en mer du Nord. Deux ont été octroyées à ce jour (Rentel et North Sea Power). Deux restent sans propriétaire. Six sociétés se les disputent. Ou, du moins, ont-elles introduit un dossier dans la boîte aux lettres de la Creg. Le régulateur devrait transmettre son avis au ministre de l’Énergie dans les prochaines semaines. Si les plans actuels se réalisent, un parc de plus de 500 moulins s’érigera dans les eaux nationales. Un investissement global qui dépassera les 5 milliards d’euros. Surtout, une puissance (nominale) de 2.300 à 2.700 mégawatts. Ou plus d’un dixième, voire deux, de la capacité de production belge.

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