Grippe A/H1N1 : Fonck réclame un autre vaccin
GUTIERREZ,RICARDO
Vendredi 30 octobre 2009
Catherine Fonck, députée CDH et médecin, estime que l’Etat belge doit mettre un vaccin sans adjuvant à disposition des femmes enceintes et des patients à risque. L’ancienne ministre de la Santé en Communauté française conteste la recommandation du commissariat Influenza, qui incite les patients à risque à se faire traiter par le seul vaccin disponible en Belgique, le Pandemrix, qui contient un adjuvant controversé. La ministre de la Santé, Laurette Onkelinx, a défendu l’utilisation du vaccin adjuvanté.
Jeudi, « Le Soir » révélait que l’une des principales instances sanitaires du pays, le Centre belge d’information pharmacothérapeutique (CBIP) estime désormais qu’il faut « tenir compte » des réticences françaises à recourir à ce type de vaccin « adjuvanté ».
« Nous avons suffisamment de recul pour dire que le vaccin choisi en Belgique n’est pas dangereux, avance le commissaire Influenza, Marc Van Ranst. Il existe depuis plusieurs années, aux Etats-Unis, un vaccin, connu ici sous le nom d’Addigrip, contenant un adjuvant comparable à celui du Pandemrix, et qui a déjà fait ses preuves, y compris sur les femmes enceintes ».
« Faux, réplique le Dr Fonck. La firme citée par M. Van Ranst refuse de publier ses résultats. En réalité, nous n’avons aucun recul sur l’adjuvant qui entre dans la composition du Pandemrix ».
Catherine Fonck estime que la Belgique doit suivre l’exemple de la France, de l’Allemagne, de l’Espagne, du Canada et des Etats-Unis, en mettant à la disposition des femmes enceintes, des jeunes enfants et des malades souffrant d’une affection immunitaire des vaccins sans adjuvant : « Nous avons commandé 12,6 millions de doses de vaccin avec adjuvant pour 120 millions d’euros et nous allons nous retrouver avec un surplus énorme. Il est encore temps de négocier avec le fournisseur pour qu’il nous approvisionne en vaccins sans adjuvant, voire d’entreprendre des échanges avec d’autres Etats qui se retrouvent avec des surplus de vaccin sans adjuvant ».
La Suisse a annoncé vendredi avoir mis des restrictions à l’utilisation du vaccin Pandemrix pour les femmes enceintes, les enfants de moins de 18 ans et les adultes de plus de 60 ans. L’incertitude concerne l’adjuvant AS03 utilisé pour le vaccin du britannique GlaxoSmithKline.
« Les données actuelles concernent essentiellement les adultes mais il n’existe aucune donnée pour les femmes enceintes et celles relatives aux enfants sont insuffisantes », a indiqué vendredi l’autorité de régulation des médicaments, Swissmedic.
Alors que la seconde phase de vaccination volontaire, qui vise les groupes à risque, doit commencer le 7 novembre, le tribunal des référés de Bruxelles examinera, ce vendredi matin, la plainte du collectif Initiative citoyenne, qui conteste le caractère unilatéral et partial de la campagne fédérale de vaccination.
(Ricardo Gutiérrez)
