Présidence de l’UE : Van Rompuy part favori

n.c.

Lundi 2 novembre 2009

Le Premier ministre Herman Van Rompuy est très sollicité pour devenir le premier président de l’Union européenne. Son nom fait l’objet d’un consensus, à la différence d’autres éventuels prétendants, ont indiqué lundi plusieurs diplomates européens.

« Il y a un consensus sur son nom, ce qui est rare à 27. Personne d’autre ne fait l’unanimité », a affirmé lundi à l’AFP un diplomate européen.

« Personne ne s’oppose à lui et beaucoup lui demandent d’accepter », a ajouté un autre.

« Aucun commentaire ! », a répondu Dirk De Backer, le porte-parole du Premier ministre belge, à ce sujet.

M. Van Rompuy, qui a eu 62 ans le 31 octobre, a pourtant fait l’objet de sollicitations très claires au cours du sommet des chefs d’État et de gouvernements de l’UE jeudi et vendredi, ont précisé les mêmes diplomates.

La fonction, créée par le traité de Lisbonne, suscite des convoitises, mais les prétendants avançaient masqués tant que le processus était bloqué par l’eurosceptique président tchèque Vaclav Klaus.

Un accord trouvé lors du sommet de Bruxelles lui a accordé la dérogation réclamée pour prix de sa signature sur ce texte et a relancé la course à la présidence.

L’ancien Premier ministre travailliste britannique Tony Blair faisait figure de grand favori, mais l’euroscepticisme de son pays, qui n’est pas membre des zones euro et Schengen, ou le souvenir de son engagement dans la guerre en Irak, ont réduit fortement ses chances, ont souligné des responsables européens.

Les dirigeants du Benelux --Belgique, Pays-Bas et Luxembourg-- ont pris la tête de l’opposition à Blair, à laquelle la chancelière allemande Angela Merkel était également réticente.

Le Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker s’est alors avancé, mais le président français Nicolas Sarkozy lui reprocherait sa passivité face à la crise bancaire et ses réticences quant à la fin du secret bancaire.

Son homologue néerlandais Jan Peter Balkenende serait bien tenté de se lancer dans la course.

Mais le « non » de son pays lors du référendum du 29 mai 2005 sur la Constitution européenne est un handicap et son veto aux accords entre l’UE et la Serbie et entre l’UE et la Syrie agacent certains.

Seul dirigeant du Benelux à rallier un consensus sur son nom, Herman Van Rompuy fait donc désormais figure de recours.

D’autant que la Belgique assurera la présidence de l’UE au second semestre de 2010.

Il est cependant embarrassé par ces sollicitations et il n’est pas dit qu’il accepte, selon des sources politiques belges.

Beaucoup comptent sur lui pour déminer la querelle entre les francophones et les Flamands (néerlandophones) sur l’arrondissement électoral de Bruxelles-Hal-Vilvorde, qui risque dans les mois à venir de mettre une fois de plus son pays au bord de l’implosion.

Ce chrétien-démocrate flamand, connu pour bien cacher son jeu derrière une apparente timidité, est en effet considéré sur la scène belge comme un as du compromis.

Un talent qui serait très utile à un futur président de l’UE, lors de la mise en œuvre du traité de Lisbonne.

Un sommet extraordinaire « programmé pour la mi-novembre », et dont la date reste à fixer, tranchera entre les différents postulants restés en lice.

« La France et l’Allemagne soutiendront le même candidat le moment venu », a annoncé M. Sarkozy vendredi, se refusant à en dire plus.

Les chances du Premier ministre belge sont en tout cas prises au sérieux par les parieurs. Sa cote est en effet passée en quelques heures lundi de 16 contre 1 à 3 contre 1 sur le site du bookmaker irlandais PaddyPower.

L’épine BHV

Selon un diplomate, Herman Van Rompuy est embarrassé car il s’était donné pour mandat de déminer dans les mois à venir la querelle sur l’arrondissement électoral de Bruxelles-Hal-Vilvorde (BHV), qui risque de mettre une fois de plus le pays au bord de l’implosion.

(D’après AFP)

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