Van Rompuy à l’Europe, qui le remplacerait au Seize ?
DUBUISSON,MARTINE
Mardi 3 novembre 2009
Le Premier ministre Herman Van Rompuy est très sollicité pour devenir le premier président de l’Union européenne. Son nom fait l’objet d’un consensus ont indiqué lundi plusieurs diplomates européens. Voilà qui ne fait par forcément les affaires du gouvernement belge : qui le remplacerait au Seize ?
Au départ, les ministres belges n’ont pas pris la rumeur du transfert européen de Van Rompuy très au sérieux. « Lui-même disait, nous confie l’un d’eux, ’’comment peut-on penser à moi ? Je ne suis Premier ministre que depuis quelques mois ! Et j’ai du travail ici’’. »
Désormais, ses collègues y croient bien davantage… et se font du souci – même si la question de son remplacement n’est officiellement pas à l’ordre du jour. Car, comme le dit un autre ministre, « si, en temps normal, ce serait valorisant, pour lui et pour la Belgique, il y a un problème de timing : s’il quitte maintenant, c’est une catastrophe ! » Parce que Van Rompuy s’est bien installé dans la fonction. Que son remplacement tiendrait du nœud gordien. Et que les dossiers qui s’annoncent sont communautaires. « Qui d’autre pourrait mener cette négociation ? », s’interroge-t-on largement.
Herman Van Rompuy lui-même serait « très embarrassé ». À la fois flatté (être nominé à l’Europe renforce le poids politique sur la scène belge, Jean-Luc Dehaene vous le dirait), et ennuyé par le moment peu propice. « Il est conscient que dire oui poserait des problèmes au niveau belge, dit un troisième ministre. Mais quelle fin de carrière ce serait pour lui ! »
Ses collègues pourraient-ils dès lors le retenir ? Difficile de refuser une telle fonction, si elle lui est réellement proposée. Même si son parti doit en avoir envie. Car qui le CD&V pourrait-il proposer à sa succession ? Le parti n’est pas dans une meilleure posture qu’en décembre 2008, lorsqu’il fallut remplacer Yves Leterme et qu’il a dû se tourner vers les « anciens » Dehaene (qui a décliné) et Van Rompuy – les autres partis de la coalition, VLD et MR en tête, n’étant guère en état de proposer un challenger. Bien sûr, des noms circulent déjà. Celui du vice-Premier CD&V Steve Vanackere, mais il a si peu d’expérience fédérale. Et… « Non, pas Yves Leterme ! » est comme un cri du cœur collectif – jusqu’au sein du CD&V. Mais plusieurs ministres le reconnaissent : « si le CD&V le propose, on ne pourra le refuser. »
