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MANCHE,PHILIPPE; BRADFER,FABIENNE; BROQUET,JULIEN

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Mardi 10 novembre 2009

2012

Cinq ans après avoir plongé une bonne partie de la planète dans une période glaciaire avec Le jour d’après, le réalisateur Roland Emmerich va encore plus loin et pousse l’humanité en pleine apocalypse avec 2012. Petite parenthèse : il faudrait un jour se pencher sur les motivations qui poussent systématiquement Emmerich à malmener derrière sa caméra la terre à coup de Godzilla ou d’Independance Day. Un psy y décèlerait certainement un désir presque enfantin à bousiller la terre entière et ses symboles. 2012, selon la civilisation Maya, dont le calendrier s’arrêtait à cette date, ne s’achèvera jamais : c’est l’année de la fin du monde, prévue le 21 décembre dans la nuit ! Comme dans Le jour d’après avec les changements climatiques, le réalisateur allemand accélère l’histoire et imagine un incroyable glissement de plaques tectoniques provoquant séismes et tsunamis à la pelle. C’est dans ce chaos sans nom que se retrouve plongé Jackson Curtis (John Cusack), qui va, avec sa famille, effectuer une odyssée désespérée afin de sauver sa peau et celle des siens. Comme avec son précédent film, on ne s’ennuie guère en regardant ce film catastrophe qui revisite les codes du genre à la puissance mille. Marrant de voir aussi (chose impensable dans

les années 60) d’assister à une solidarité internationale et à un sauvetage humanitaire grâce à la Chine. Emmerich a également anticipé l’élection d’Obama en installant à la Maison Blanche un président black incarné par un très touchant Dany Glover. Bien sûr, et comme c’est avant tout de cinéma qu’il s’agit, 2012 comprend son lot de scènes apocalyptiques et impressionnantes, des actes d’héroïsmes et de bravoures, des héros qui ne meurent jamais et une fin pas vraiment « happy » sans pour cela être la fin des fins. D’ici là, inutile de bouder son plaisir. Profitez bien. Avant la nuit du 21 décembre 2012, la dernière… Brrrr !

Le concert

C’est l’histoire insensée d’un pari fou fait par amour de la musique. La revanche incroyable d’un ancien chef d’orchestre du Bolchoï déchu (Alexeï Guskov) par le pouvoir communiste et devenu homme de ménage. L’aventure rocambolesque de tout un orchestre russe recomposé après trente ans de silence et débarquant au Théâtre du Châtelet sous une fausse identité pour y jouer un concerto de Tchaïkovski avec une jeune soliste virtuose française (Mélanie Laurent). Et l’imposture s’avère peut-être plus belle que la réalité.

La nouvelle fable de Radu Mihaileanu est fougueuse, exubérante, colorée, grand guignol, dopée à l’humour slave et juif. Explosive donc sur tous les fronts, chantant la grandeur de l’arnaque, de la bricole et de la solidarité fiévreuse avec des personnages sans-grades, incongrus et attachants. Il y a du rire et des larmes, de la musique et de la débrouille. Après son bouleversant Va, vis et deviens, le cinéaste roumain opte pour une aventure picaresque extravagante qui dégoupille toute attache réaliste, laisse sur place le sens du vrai, bascule volontairement dans le burlesque et touche à l’émotion universelle. Il se sert du rire comme d’une arme joyeuse, ludique et intelligente pour parler du choc des cultures mais surtout de la dignité humaine, du sursaut de nos désirs, de la nécessaire solidarité entre les hommes. Il met le tout en scène de main de maître, menant à la baguette tous les paramètres de son récit fantasque qui cavale entre Moscou et Paris. Il atteint aussi une belle harmonie entre des acteurs russes, stars dans leur pays, et la distribution française, menée par la jeune Mélanie Laurent.

Le concert est un film gonflé à plus d’un titre. Car il ose tout. Jusqu’à nous donner douze minutes de musique en continu d’une intensité remarquable. Si aujourd’hui, on atteint de plus en plus le degré ultime de l’individualisme, le film de Mihaileanu, lui, touche à l’ultime harmonie de la solidarité folle et enivrante.

Trésor

Trouver un cadeau, c’est parfois une vraie galère. Pour fêter ses cinq ans avec Nathalie (Mathilde Seigner), Jean-Pierre (Alain Chabat) a une mauvaise bonne idée : un chien. Si Trésor, petit bouledogue anglais de quatre mois, ravit sa dulcinée, la vie de JP devient vite un véritable enfer. Trésor bouffe ses godasses. Ronfle et pète au lit. Trésor l’emmerde. Et à vrai dire, nous aussi. De un, au cinéma, on commence à en avoir marre des clébards. Après Marley et Moi, Un Homme et son chien ou encore Bambou, on se disait qu’on avait eu notre dose pour 2009. De deux, Trésor est banal, bateau, pas attachant, ni drôle. Déjà vu, lu, entendu et pour certains même vécu.

Dernier film de Claude Berri qui succomba à un accident vasculaire cérébral alors que le tournage avait commencé depuis seulement une semaine, Trésor a été terminé par François Dupeyron qui l’avait déjà secondé sur son tournage précédent Ensemble, c’est tout. Pour résumer, Chabat est bien plus drôle quand il se prend pour un chien que quand il en achète un.

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