Ça se bouscule au portillon de l’Union européenne

n.c.

Mercredi 11 novembre 2009

Les jeux sont loin d’être faits pour les postes de président du Conseil européen et de Haut représentant aux affaire étrangères. La présidence suédoise de l’UE reconnaît avoir « davantage de noms que de postes à offrir ». Et n’exclut pas qu’un vote doive intervenir. Le Premier ministre suédois se montre agacé par ce qu’il perçoit comme des pressions franco-allemandes en faveur d’Herman Van Rompuy pour présider l’UE. Quant à Guy Verhofstadt, il plaide à ce poste pour un simple président de séance.

Les Européens ont repoussé mercredi au 19 novembre la date de leurs choix pour désigner les futurs président et chef de la diplomatie de l’UE, la recherche de candidats pour donner un visage et une voix au bloc des 27 pays s’avérant plus difficile que prévu.

« J’ai davantage de noms (proposés) que de postes à offrir », a reconnu le Premier ministre suédois Fredrik Reinfeldt, qui assure la présidence tournante de l’Union européenne, pour justifier le délai, au cours d’une conférence de presse à Bruxelles.

Alors qu’une réunion pour sceller les nominations de président du Conseil européen et de Haut représentant de l’UE aux affaires étrangères était à l’origine espérée dès cette semaine, il a décidé de convoquer un sommet des chefs d’Etat et de gouvernement européens seulement le 19 novembre au soir à Bruxelles.

Le choix pour ces fonctions emblématiques du traité de Lisbonne se révèle compliqué, faute de personnalité faisant consensus.

Londres ne facilite pas les choses en continuant à soutenir mordicus son ancien Premier ministre Tony Blair pour prendre la tête de l’UE, malgré les critiques dont il fait l’objet.

M. Reinfeldt a expliqué que son objectif était d’arriver le 19 novembre avec « un seul nom pour chaque poste ». Mais il n’a pas exclu, faute de consensus, de devoir en passer par un vote à la majorité qualifiée des Etats, voire même que d’autres personnalités que celles proposées par lui l’emportent au final, le 19 au soir.

Il lui faut trouver la formule magique pour contenter tout le monde en Europe, en tant compte des différents équilibres à respecter, « gauche-droite, ’’petits’ et ’’grands’ pays, Est-Ouest, Nord-Sud, homme-femme ». « Cela prendra du temps » pour parvenir à ce point d’équilibre, a-t-il dit.

La gauche revendique ainsi le portefeuille de « ministre » des Affaires étrangères de l’UE, car la droite se réserve celui de président.

L’impatience grandit à mesure que les tractations piétinent, notamment du côté de la France, qui voulait aller vite. Le secrétaire d’Etat aux Affaires européennes, Pierre Lellouche, a regretté mardi que l’Europe ait déjà « perdu une semaine », ce qui « n’est pas un bon signal ».

Agacé par les « pressions » en faveur de Van Rompuy

M. Reinfeldt se montre en retour agacé par ce qu’il perçoit comme des pressions franco-allemandes en faveur du Premier ministre belge Herman Van Rompuy pour présider l’UE. Il faut faire en sorte que « tout le monde s’y retrouve » au bout du compte, a-t-il dit.

Selon des diplomates européens, le discret chef du gouvernement belge tient toujours la corde, mais ne fait toujours pas l’unanimité. Les autres noms évoqués pour la présidence de l’UE sont le Néerlandais Jan Peter Balkenende, le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker ou la Lettone Vaira Vike-Freiberga.

L’incertitude est beaucoup plus grande concernant le choix du haut représentant aux affaires étrangères.

Considéré longtemps comme favori, le ministre britannique des Affaires étrangères David Miliband semble avoir renoncé, même si un revirement de dernière minute n’est pas à exclure.

« Je continue à penser que le jeu est ouvert pour Miliband car à gauche c’est lui le plus crédible. Si (le Premier ministre britannique Gordon) Brown se laisse convaincre, Miliband se laissera convaincre aussi », estime un responsable européen, sous couvert de l’anonymat.

Un autre Britannique, Peter Mandelson, ministre du Commerce, a indiqué « avoir été approché », tout en niant à ce stade être disponible.

L’ancien Premier ministre italien de gauche Massimo D’Alema est aussi cité comme alternative possible mais, en tant qu’ex-communiste, son nom pourrait être rejeté par les pays de l’Est ayant vécu sous la férule soviétique jusqu’à la chute du rideau de fer.

(afp)

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