Mort de Fabiola : Belga victime d’un canular

LAUWENS,JEAN-FRANCOIS

Lundi 16 novembre 2009

Inaugurant une plateforme s’inspirant de Twitter, l’agence de presse Belga a été victime d’un mauvais plaisant, lundi matin. Ce qui a eu pour effet de la voir annoncer le décès de la reine Fabiola, affectée par le fait qu’elle aurait « entendu que Laurent et Claire allaient divorcer ». La rédaction de Belga se distancie de « I have news » et exige qu’une enquête interne approfondie soit menée pour identifier les responsabilités. Par Jean-François Lauwens

L’information était attribuée à un nom fantaisiste (Jos Joskens, qui, en flamand, désigne communément l’homme de la rue, comme on dit M. Dupont en français ou John Smith en anglais) et à un numéro de téléphone inexistant (0497.00.00.00).

Plus tôt dans la journée, Belga avait en effet inauguré un nouveau support média inspiré de Twitter, Ihavenews. Il consiste à permettre au commun des mortels de publier des informations sur le flux classique des dépêches de Belga sans intervention des journalistes de la rédaction de l’agence. Via le site Ihavenews.be, on peut s’inscrire pour fournir ces informations.

L’argument de Belga est le suivant : « Ne laissez pas l’information se perdre. Si vous avez assisté à un événement ou avez une information, elle sera en quelques minutes dans toutes les rédactions du pays ». Un système qui a instantanément montré ses limites.

Présentant ses excuses, Belga a fait savoir lundi après-midi que, désormais, toutes ces dépêches seront « préalablement filtrées » par elle-même !

La rédaction se distancie de I have news

Le Conseil de rédaction, les délégués de l’association professionnelle des journalistes et les représentants syndicaux de l’agence Belga réagissent avec consternation à la diffusion sur le réseau destiné à ses clients d’informations non contrôlées par les journalistes de l’agence.

Ils sont d’avis que cette diffusion a porté atteinte à l’intégrité et à la crédibilité de la recension de l’information par Belga et à sa rédaction en général. La rédaction se demande également comment une telle diffusion a été rendue possible techniquement.

Elle exige qu’une enquête interne approfondie soit menée pour identifier les responsabilités. Les journalistes de l’agence soulignent avec insistance le fait qu’ils n’ont jamais été associés à cette initiative commerciale de la hiérarchie de l’entreprise. Jamais le Conseil d’entreprise ni le Conseil de rédaction n’ont été informés de l’existence de ce projet qui rompt l’équilibre entre la « rapidité » et la « fiabilité » d’une information Belga.

Les journalistes font par ailleurs remarquer qu’il n’apparaît pas à ce stade, avec une grande clarté, qui exerce la responsabilité finale, aux niveaux journalistique et déontologique, de la rédaction, ce qui n’a pas manqué de créer un climat propice au déclenchement des « incidents » dont il est fait état. Ils constatent que ces incidents interviennent à un moment où d’importants efforts leur sont demandés dans le cadre des réformes mises en oeuvre au sein de l’agence.

La rédaction rappelle qu’elle s’est toujours opposée avec la plus grande énergie à la publication de communications non rédactionnelles sur le réseau Belga au motif que cela pouvait générer de la confusion.

L’annonce par la direction de filtrer dorénavant préalablement toute information destinée aux médias clients constitue, aux yeux des journalistes, une réponse insuffisante après l’atteinte portée à la réputation de l’agence Belga. Ils demandent que cesse le type de diffusion à la source des incidents.

Déjà morte une première fois

Le 21 janvier 2009, c’est la VRT qui avait déjà annoncé erronément le décès de Fabiola, alors que celle-ci était hospitalisée pour une broncho-pneumonie.

Le site de la radio-télévision flamande avait – comme c’est la pratique dans tous les médias – préparé une « morgue » ou un « marbre », c’est-à-dire une nécrologie de la reine. Histoire de pouvoir réagir rapidement au cas où.

Ce texte se trouvait en mode « cache », mais était visible par le biais de la fonction de recherche. En clair, tout qui a tapé le terme Fabiola aura découvert sa nécro.

Le site a retiré l’information erronée aux premières réactions.

Pas de résultats.