Un film belge hors circuit classique

BRADFER,FABIENNE

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Jeudi 19 novembre 2009

Cinéma De Bruxelles à Bangkok, « Somewhere between here and now » plaît

entretien

Bruxelles, Namur, Bangkok… Olivier Boojing, réalisateur indépendant de 26 ans basé à Bruxelles, promène son premier long, Somewhere between here and now, de festival en festival. Dérive urbaine dans un Bruxelles contemporain et multiculturel, l’aventure collective autofinancée (10.000 euros) repart d’ici avec un prix du public, de là avec le bonheur de salles sold-out. Avec ses amis Olan Bowland et Jean-François Metz, Olivier réfléchit à une diffusion alternative, refusant d’être mort-né dans le circuit classique.

Pour la diffusion de votre film, vous tablez beaucoup sur internet ? Votre court « Marla » avait été vu par deux millions de spectateurs sur YouTube !

Je suis très conscient de la situation de la distribution en Belgique. Je ne veux pas faire partie de ces films belges qui sortent une semaine en salle puis sont éjectés ou qui ne sortent même pas dans toute la Belgique ! On a fait ce film pour qu’il soit vu ! Aux Etats-Unis, il existe un site où c’est le public qui manifeste son intérêt pour un film. Le distributeur organise alors une projection là où il y a un intérêt. Utiliser internet comme incitateur m’attire. On ne ferme pas de portes mais on ne va pas forcément attendre un distributeur…

On pense à « L’auberge espagnole » avec des couleurs lynchéennes ou à la Edward Hopper en voyant votre film…

Klapisch a attiré l’attention sur le fait que des choses étaient en train de changer d’un point de vue multiculturel via l’Erasmus. Les gens sont amenés à bouger. On ne grandit plus forcément dans la région où on naît. On est d’une génération qui sait prendre une distance géographique par rapport à sa famille. La notion de « racines » et d’« identité » va évoluer. Via le Net, on a une ouverture incroyable sur le monde et ses influences.

D’où l’usage de l’anglais dans le film ?

L’anglais fait partie de nos vies. C’est la langue du voyage, de la rencontre, du partage. On a des amis pas forcément anglo-saxons mais avec qui on parle anglais ainsi tout le monde se comprend. J’ai des potes qui habitent Gand : je comprends le flamand mais le parle très mal, eux c’est la même chose avec le français. Du coup, on parle anglais.

Film autofinancé, tourné en 19 jours, c’est-à-dire ?

On avait une idée qui n’avait pas besoin de millions d’euros. De plus, on connaît bien le système de financement soutenu par la Commission. On savait que notre projet ne cadrait pas avec ! Avec une création proche du travail de scène, aucune personne connue, un premier film pour quasi toute l’équipe, la volonté de tourner dans un format léger, notre projet pouvait faire peur. En parlant avec des gens du métier, on s’est rendu compte qu’on nous regardait de manière sceptique. Nous, on voulait cette phase de laboratoire, avoir du temps, une forme de simplicité et de liberté. On avait le matériel et les gens pour foncer. On a préféré « casser nos cochons » qu’attendre un éventuel confort financier.

Film dogma ?

Le Dogme fut important dans l’évolution du cinéma moderne. Lars von Trier a montré le peu de chose réellement nécessaire pour intéresser le spectateur. Le Dogme nous a conforté dans l’idée que c’était possible. Comme la Nouvelle Vague en France ou, plus récemment, la Nouvelle Vague asiatique. On pioche un peu partout. On se sent proche du ciné ultra-indépendant US où les réalisateurs s’entraident comme l’ont fait à une autre époque Wenders, Jarmusch. Ce qui se passe en ce moment en Asie est aussi très excitant. La philosophie de notre boîte de production, Another state of mind films, c’est ça : travail collectif, entraide, sans ego surdimensionné !

Votre film fait voir Bruxelles autrement. Rare, ça ?

Bruxelles est une mine d’or pour un cinéaste car on a une architecture très variée. On avait envie de tourner dans les lieux où on vit comme le font les Flamands. On a été marqué par Any way the wind blows, de Tom Barman.

Plus on voyage, plus on se rend compte que Bruxelles est un très bel équilibre : c’est suffisamment grand pour faire des rencontres différentes et suffisamment petit pour se croiser. C’est pour cela que Bruxelles attire. On met souvent en vitrine la Communauté européenne. On dépasse de loin cela.

La suite de leurs aventures sur http://www.somewhere-themovie.com/ & facebook…

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