Les réactions belges à la nomination de Van Rompuy

n.c.

Vendredi 20 novembre 2009

Herman Van Rompuy a été élu premier président de l’Union européenne et la Britannique Catherine Ashton nommée au poste de Haut représentant de l’UE aux affaires étrangères. « Quand on vous propose d’aller à l’Europe, cela ne se refuse pas », a estimé Herman Van Rompuy. Nombre de Belges regrettent déjà leur Premier ministre. En moins d’un an, le premier ministre avait réussi à ramener le calme au sein du gouvernement.

Il revient au CD&V de proposer son successeur

La désignation d’Herman Van Rompuy à la présidence européenne est un « grand honneur pour le pays, le parti » et pour lui-même, a indiqué jeudi la présidente du CD&V Marianne Thyssen lors d’un bref point presse. Le CD&V est d’avis qu’il lui revient de proposer à la fonction de premier ministre le successeur de M. Van Rompuy.

Les chrétiens-démocrates flamands ne voient pas non plus de raison de modifier l’accord de gouvernement. La présidente Marianne Thyssen n’a pas souhaité s’exprimer plus avant quant au nom du futur premier ministre, rappelant que cette prérogative appartenait au Roi.

La Belgique a besoin de stabilité (PS)

« Le futur départ d’Herman Van Rompuy oblige notre pays à désigner un nouveau premier ministre au plus vite », souligne le PS. Pour le président du parti, Elio Di Rupo, « ce dont notre pays a besoin c’est de stabilité », et donc « un gouvernement qui gouverne, et qui trouve des solutions aux difficultés rencontrées par la population ».

Après les dernières élections fédérales en 2007, la Belgique est entrée dans une période de crise politique. Les problèmes institutionnels ont ensuite été mis au frigo avec l’arrivée du premier ministre Herman Van Rompuy, la crise financière et économique ayant succédé à la crise politique. « Nous ne pouvons aujourd’hui ajouter une crise politique à la crise économique », indique le PS, qui fait connaître sa volonté de travailler « avec ses partenaires de la majorité de manière constructive pour qu’une décision puisse être prise rapidement ». Selon le parti socialiste, « il y va de la stabilité du pays, et de la sérénité des citoyens ».

Une fonction qui lui ira comme un gant (Reynders)

« C’est un honneur pour la Belgique qu’un de nos compatriotes occupe une fonction avec une telle visibilité au niveau européen », a encore dit M. Reynders qui a rappelé que cela n’avait plus été le cas depuis l’époque où Jean Rey avait présidé de la Commission européenne.

« C’est une fonction qui lui convient parfaitement. Cela lui ira comme un gant », a-t-il ajouté. Il a encore souligné qu’en étant le premier à occuper cette fonction, c’est à lui qu’il appartiendra de lui donner son contenu. « Il va devoir inventer la fonction », a-t-il noté.

Un fait historique (CDH)

Le cdH a présenté dans un communiqué « ses félicitations les plus chaleureuses à Herman Van Rompuy pour sa nomination au poste de président du Conseil européen », un fait que les démocrates-humanistes qualifient d’« historique, par ailleurs, porteur d’espoir pour l’Europe ». Herman Van Rompuy pourra démontrer dans cette nouvelle fonction « les grandes qualités dont il a fait preuve en tant que premier ministre », énonce le parti présidé par Joëlle Milquet, louant son « sens de la méthode, une écoute des différents acteurs, une belle intelligence doublée d’une grande subtilité ainsi qu’une capacité de compromis légendaire qui sera très utile à ses nouvelles fonctions ». « Cette désignation est aussi la reconnaissance de l’apport positif constant qu’a eu la Belgique dans l’histoire de la construction de l’Europe », relève également le cdH.

Le choix d’un homme de dialogue (Demotte)

Le ministre-président des gouvernements de la Région wallonne et de la Communauté française, Rudy Demotte, a souligné jeudi soir que l’Union européenne a fait le choix d’un homme de dialogue profondément attaché à l’idéal européen et qui a su démontrer ces derniers mois sa capacité à gérer les dossiers les plus délicats, avec sérénité.

Rudy Demotte a également insisté sur le fait que la désignation d’Herman Van Rompuy en tant que premier président permanent du Conseil européen constitue « pour la Belgique, dans sa diversité, un véritable honneur dont il convient de se réjouir pleinement ».

Rudy Demotte, qui félicite M. Van Rompuy, lui a aussi souhaité « un plein succès dans sa nouvelle tâche ».

Les félicitations de Verhofstadt

« C’est une bonne chose pour la Belgique qu’un compatriote joue un rôle clé en Europe dans les années à venir », dit l’ancien premier ministre et actuel chef de groupe libéral au parlement européen, Guy Verhofstadt. Il ajoute que notre pays, en tant que pays fondateur de l’Union européenne, a une longue tradition de lutte en faveur d’une Europe forte et unie.

Open Vld souligne pour sa part qu’il compte sur Herman Van Rompuy pour poursuivre dans cette voie. Les libéraux flamands disent aussi vouloir remercier le premier ministre pour son rôle au cours de l’année écoulée à la tête du gouvernement belge.

« La personne adéquate » (Dehaene)

Deux poids lourds du CD&V, le ministre-président flamand Kris Peeters et l’ancien premier ministre Jean-Luc Dehaene, ont adressé leurs félicitations à Herman Van Rompuy.

C’est « un grand honneur et une belle reconnaissance pour notre pays », souligne le ministre-président flamand, louant les qualités de l’intéressé et lui souhaitant beaucoup de succès.

Depuis le Brésil où il emmène une délégation du patronat flamand (Voka) de la section Hal-Vilvorde, Jean-Luc Dehaene, qui avait échoué dans les années 90 à accéder à la présidence de la Commission européenne, s’est lui aussi réjoui pour Herman Van Rompuy. Il s’est dit persuadé que M. Van Rompuy donnera à sa nouvelle fonction sa véritable dimension, dans le respect des traités et de la méthode communautaire. M. Dehaene souligne l’importance du président du Conseil européen pour stimuler et orienter l’intégration européenne ainsi que, dans cette optique, l’importance de la coordination des différentes institutions européennes. Herman Van Rompuy est la personne adéquate pour ce faire, dit-il.

Groen ! craint pour le gouvernement belge

Les écologistes flamands de Groen ! (opposition) ont félicité jeudi soir le premier ministre Herman Van Rompuy pour sa désignation comme président du Conseil européen, mais prévient que si le gouvernement fédéral belge ne parvient pas rapidement à gouverner avec ambition, un gouvernement intérimaire avec une mission limitée doit être mis sur pied.

Relevant l’honneur pour la Belgique de voir Herman Van Rompuy endosser cette « importante fonction », Groen espère que le premier ministre belge se montrera comme un leader européen qui active toutes les possibilités du traité de Lisbonne et développe la justice sociale et écologique.

Sur la scène intérieure belge, Groen appelle le gouvernement à agir avec ambition, sans quoi il faudrait un gouvernement intérimaire pour assurer le budget 2010, développer une politique climatique forte et trouve une solution négociée au dossier BHV. Des élections fédérales pourraient ensuite intervenir au printemps 2010.

Le sp.a espère qu’il renforcera l’Europe

Les socialistes flamands se sont eux aussi félicités de la désignation d’Herman Van Rompuy à la présidence du Conseil européen. « Nous espérons qu’il aura l’ambition de s’atteler à construire une Europe forte », surtout sur le plan social et de la régulation du monde financier, a dit la présidente Caroline Gennez. Elle s’est aussi félicitée de voir le premier ministre se voir ainsi offrir une belle fin de carrière. Pour ce qui concerne les conséquences au plan belge, Mme Gennez et le sp.a restent persuadés que de nouvelles élections sont nécessaires.

La N-VA met en avant l’honneur d’un Flamand

Le président de la N-VA Bart De Wever et l’eurodéputée N-VA Frieda Brepoels, félicitant à leur tour Herman Van Rompuy pour sa désignation comme président du Conseil européen, ont mis en avant « l’honneur incroyable en tant que Flamand d’être demandé pour une telle fonction ». « Nous espérons qu’il contribuera à mettre l’Europe sur la bonne voie et à exécuter le traité de Lisbonne », soulignent-ils, qualifiant cette désignation d’opportunité pour que l’Europe reçoive plus l’attention dans son ensemble.

(belga)

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