Le Belge produit 490 kilos de déchets par an

DE MUELENAERE,MICHEL

Samedi 21 novembre 2009

Près de 500 kg de déchets par an et par habitant, voici une bonne raison d’organiser une Semaine européenne à la réduction des déchets. Du 21 au 29 novembre prochains, 20 régions de 9 pays différents se mobiliseront pour rationner au maximum leurs détritus. Par Michel de Muelenaere

En 2006, 2,7 milliards de tonnes de déchets ménagers ont été produits dans l’Union. Chaque Belge en prend une honnête part : 492 kilos par personne. Un chiffre légèrement en dessous de la moyenne (522 kg), mais qui a tendance à augmenter. Entre 1995 et 2010, estime l’Agence européenne pour l’environnement, la production de déchets en Belgique aura progressé de 15 %. Partout, la réduction de cette masse est une priorité et un casse-tête. Car en 40 ans, la montagne de déchets a doublé et elle augmente de 1 à 2 % par an.

Le travail de longue haleine pour implanter l’habitude du tri chez les Belges le montre : il ne suffit pas de décréter la baisse des déchets pour qu’elle se produise. Le changement de comportement des ménages est une affaire d’information, de sensibilisation et d’acceptation des mesures. Par ailleurs, indiquent les organisations de consommateurs, il y a un travail essentiel à faire pour convaincre les fabricants de réduire la quantité d’emballages.

En Wallonie, les autorités ont opté pour le « coût-vérité » des déchets, qui s’est traduit par une augmentation progressive du prix de la collecte demandé aux habitants. Un arrêté de 2008 prévoit que les communes informeront leurs administrés sur le sens et les implications de cette politique. Pari très moyennement réussi, révèle un sondage du Centre de recherche et d’information des organisations de consommateurs (Crioc). Deux consommateurs sur dix à peine ont entendu parler du coût-vérité. Et parmi ceux-ci, un sur deux seulement sait de quoi il retourne.

Reste que si le concept a encore du chemin à faire dans les têtes, le principe du « pollueur-payeur » fait quant à lui son trou. Alors qu’en moyenne les personnes interrogées estiment payer 129,50 euros par an pour la gestion de leurs déchets, neuf sur dix reconnaissent que ce sont les ménages et les bénéficiaires des services de collecte et de gestion des déchets qui doivent prendre en charge ce coût de la gestion des immondices.

Et si le coût augmentait encore nettement, par exemple de 100 à 150 euros ? « Si la mesure est justifiée et expliquée, dit-on au Crioc, le coût-vérité sera accepté par les consommateurs. Ainsi, neuf personnes sur dix demanderaient des explications mais, simultanément, accepteraient de payer car elles estiment que c’est un service dont les prix peuvent augmenter. »

Mais il faut apporter des nuances à cette apparente « bonne volonté » : si trois personnes sur quatre estiment que chaque ménage doit payer au prorata des quantités de déchets qu’il produit, elles semblent nettement moins nombreuses à annoncer que cela changerait leurs habitudes. Six sur dix continueraient en effet à produire la même quantité de déchets. Résistance au changement, ou sentiment d’être prisonnier d’un mode de consommation très gaspilleur ?

www.crioc.be

www.ewwr.eu

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