BHV : les scénarios sur la table
n.c.
Lundi 23 novembre 2009
Wilfried Martens rencontre à nouveau les présidents de parti ce lundi, avant de demander audience au Roi. Parmi les pistes pour sortir de l’ornière, la solution d’un retour aux anciens arrondissements électoraux, suggérée par Van Rompuy dès 2007, revient avec insistance.
Pour tenter de résoudre enfin le dossier BHV, éviter une crise de régime et permettre d’organiser un scrutin fédéral en 2011 qui ne serait pas juridiquement contestable, il va falloir aller vite. Le conflit d’intérêt lancé par la communauté germanophone prend fin courant mai. Wilfried Martens va proposer une méthode pour sortir de l’ornière BHV au plus vite. Il a rencontré ce week-end les présidents de parti, les présidents de la Chambre et du Sénat et les vice-Premiers ministres. Il soumettra sa « proposition de procédure de négociation » aux présidents des partis de la majorité, ce lundi, avant de demander audience au roi pour lui faire rapport. Wilfried Martens affirme qu’il a constaté une volonté, chez tous les partenaires de la majorité, de rechercher une solution négociée sur le dossier BHV.
Concernant la méthode, le président du Sénat, Armand De Decker (MR), estime que « si on ne négocie pas entre présidents, on retombe sur des formules comme le dialogue de communauté à communauté ce qui est très lent et revient en fait à un encommissionnement du dossier ».
Le dossier BHV est une pierre d’achoppement depuis plusieurs années et une des pistes envisagées est un possible retour temporaire aux anciens arrondissements électoraux. Cette formule provoquerait toutefois des difficultés au gouvernement flamand et mettrait le gouvernement de Kris Peeters en danger notamment en raison de l’opposition de la N-VA. De toute façon, il semble que M. Martens soit lui-même convaincu que toute formule négociée sur BHV indisposera la N-VA et provoquera des difficultés au gouvernement flamand.
Selon certaines informations, on testerait dès lors à nouveau la possibilité d’élargir le gouvernement fédéral au SP.A et d’en venir dès lors à une tripartite traditionnelle. On amadouerait ainsi le SP.A mais reste à voir si les socialistes flamands sont tentés par cette aventure. On amadouerait également l’Open VLD en lui permettant d’entrer au gouvernement flamand ce qui y aurait pour conséquence que la N-VA n’y serait plus indispensable.
Dans cette hypothèse, il reste à savoir ce qu’on fait d’Ecolo, partenaire du PS et du CDH dans les gouvernements des entités fédérées et qui s’est toujours dit ouvert à participer à des négociations institutionnelles.
Quant au CD&V, on dit de plus en plus qu’il y a une évolution dans ses rangs. La crise et les pertes d’emplois en Flandre rendrait le dossier BHV beaucoup moins médiatiquement et donc électoralement rentable. Il faut maintenant des accords concrets pour que tout puisse se passer rapidement, a-t-elle ajouté.
M. Verhofstadt (Open VLD) s’est pour sa part refusé à tout commentaire sur son entretien avec M. Martens.
Les présidents de deux des partis de la majorité, Marianne Thyssen (CD&V) et Didier Reynders (MR), ont laissé entendre ce samedi qu’ils espéraient une solution rapide pour le remplacement de Herman Van Rompuy.
La présidente du CD&V a affirmé à l’issue de l’entretien avec M. Martens, être satisfaite par le fait qu’il existe un consensus pour aller vite et que cela réussira. Selon elle, un consensus s’est aussi formé sur la personne de l’actuel ministre des Affaires étrangères, Yves Leterme, pour succéder à M. Van Rompuy.
(avec belga)
