Dehaene « conseiller spécial » de Leterme ?
BELGA; DUBUISSON,MARTINE
Mardi 24 novembre 2009
Wilfried Martens et les présidents des cinq partis de la majorité se retrouvent ce mardi pour poursuivre les négociations entamées lundi quant à la méthode pour le cadre communautaire. La formule qui devait être testée lundi soir au CD&V reviendrait à nommer l’ancien Premier ministre Jean-Luc Dehaene « conseiller spécial du Premier ministre ». Un des problèmes vient aussi du fait que le CD&V ne veut pas du président du FDF, Olivier Maingain, parmi les négociateurs dans le dossier institutionnel.
Le médiateur nommé par le roi vendredi soir présentait, à 13 heures, aux présidents de parti de la majorité, sa proposition de « procédure de négociation pour les problèmes communautaires ».
Objectif : si PS, MR, CDH, VLD et CD&V acceptaient cette proposition, Wilfried Martens se rendrait rapidement au Palais, pour faire rapport au roi et être déchargé de sa mission. Dès lors ce mardi (ou mercredi), Yves Leterme serait nommé Premier ministre, la liste des ministres du nouveau gouvernement finalisée, et les prestations de serment organisées au Palais. Afin qu’Yves Leterme se rende au parlement jeudi, pour sa déclaration gouvernementale.
Ce calendrier a, au mieux, pris du retard, la réunion entre Martens et les présidents de parti s’éternisant. Pour se finir sans accord. Les discussions reprendront mardi.
La formule proposée par M. Martens, confiant la discussion institutionnelle à un groupe de travail composé de « sages », a posé problème. Quelques noms ont circulé comme ceux de Louis Michel pour le MR, Melchior Wathelet père pour le cdH, Guy Verhofstadt pour l’Open Vld, Philippe Moureaux pour le PS et Jean-Luc-Dehaene pour le CD&V.
Cette formule n’a pas trouvé preneur chez tous les partenaires de la majorité. En tout cas pas chez les libéraux. Tant le MR que l’Open Vld veulent que la négociation soit menée par le premier ministre en fonction – plus que probablement Yves Leterme – et qu’elle implique directement les partis de la majorité.
On aurait envisagé alors une formule de groupe de travail avec deux représentants par parti ce qui permettrait au CD&V de placer Jean-Luc Dehaene à côté d’Yves Leterme.
Par contre, il n’y aurait plus de problème en ce qui concerne la répartition des postes ministériels.
La réunion s’est donc terminée vers 19h, sans accord. Wilfried Martens et les présidents des partis de la majorité se retrouveront mardi pour poursuivre leurs discussions sur la formule de négociation qui sera adoptée pour traiter des dossiers institutionnels et plus spécialement de l’arrondissement Bruxelles-Hal-Vilvorde.
Des réunions seraient encore prévues lundi soir au CD&V pour voir si ce parti peut accepter une dernière proposition qui aurait été formulée aux départs des remarques faites par les quatre autres partis de la majorité.
Le problème qui se pose vient essentiellement du fait que le CD&V ne veut pas que son premier ministre Yves Leterme soit impliqué directement dans la discussion communautaire.
La formule qui serait testée ce lundi soir au CD&V reviendrait à nommer l’ancien Premier ministre Jean-Luc Dehaene « conseiller spécial du premier ministre ».
Sur les autres modalités, il reste une marge de manoeuvre.
M. Dehaene pourrait chapeauter les discussions d’un groupe de dix personnes (deux par partis de la majorité) étant entendu que de toute façon les propositions d’accord seraient soumises à un groupe composé des présidents de parti et du premier ministre. Dans cette formule, M. Dehaene serait alors la 2ème personne représentant le CD&V.
M. Dehaene pourrait aussi agir seul et rencontrer séparément les représentants des différents partis.
En fait, commentait un proche de la négociation, on se trouve dans une situation où le CD&V a encore un premier ministre en fonction (Herman Van Rompuy), présente un ancien premier ministre pour lui succéder (Yves Leterme), propose qu’un autre ancien premier ministre soit le conseiller du précédant et mène les négociations institutionnelles (Jean-Luc Dehaene) et le tout doit être arrangé par un troisième ancien premier ministre chargé de mission par le roi (Wilfried Martens).
Et en plus, ajoute cet observateur, le CD&V veut pouvoir choisir les personnes avec qui il négocie et sur quoi on négocie.
Un des problèmes vient aussi du fait que le CD&V ne veut pas du président du FDF, Olivier Maingain, parmi les négociateurs. Les sociaux-chrétiens flamands disent à ce propos que l’opposition à Maingain vient de Jean-Luc Dehaene lui-même.
Si le CD&V marque son accord avec une formule cadrant dans le modèle « Jean-Luc Dehaene, conseiller spécial du premier ministre », les choses pourraient aller très vite demain mardi, dit-on à plusieurs sources.
Il faut toutefois tenir en mémoire que la désignation de Jean-Luc Dehaene chargé de rendre possible l’orange bleue n’avait pas plu à Yves Leterme qui a agi en sous-main ce qui alors a indisposé Jean-Luc Dehaene qui a rendu son tablier au roi plus vite que prévu.
(d’après belga)
