Le soufflé Google Wave va-t-il retomber ?

n.c.

Mardi 24 novembre 2009

Réservé dans un premier temps à un public restreint, Google Wave devient, grâce à la multiplication des invitations, de plus en plus accessible. Après plusieurs semaines d’utilisation, voici nos impressions.

Réservé dans un premier temps à un public restreint, Google Wave devient, grâce à la multiplication des invitations, de plus en plus accessible. Nous l’avons testé. Après plusieurs semaines d’utilisation, voici nos impressions. Que propose concrètement Google Wave ? Peut-il séduire le grand public ? Décryptage.

Google Wave, c’est quoi ? Avec Google Wave, Google ambitionne de proposer un service de communication et de collaboration qui, selon le géant américain, devrait combiner l’usage du mail, du chat, des réseaux sociaux, des forums et du travail collaboratif. Rien que ça. Imaginé par les créateurs de Google Maps, le projet ressemblerait selon eux à l’email s’il était inventé aujourd’hui. Ca reste relativement… vague, comme définition.

En résumé, Google Wave n’est rien d’autre qu’un espace de communication inséré dans une interface sobre à la sauce Google et doté de fonctionnalités avancées. Tout un programme.

Google Wave, c’est pour qui ? Dans un premier temps (en mai 2009), Google Wave était réservé à un cercle restreint, principalement composé de développeurs – le projet est open-source. Depuis le 30 septembre, environ 100 000 internautes ont eu accès à la version « preview » de l’interface. Mais ces derniers ayant par la même occasion reçu 8 invitations supplémentaires, le nombre d’utilisateurs potentiels devrait sensiblement augmenter.

A terme, l’objectif de Google est évidemment de toucher le plus large public possible, de l’internaute lambda aux grandes entreprises. Car, en partant des deux principes de base – communication et collaboration – Google Wave devient avant tout ce qu’on en fait : un chat amélioré, une interface de travail collaboratif, un espace de discussion libre,…

Google Wave, comment ça fonctionne ? C’est assez difficile de décrire Google Wave car actuellement, il n’en existe aucun équivalent. Retenez que l’interface est composée d’un menu de navigation - semblable à celui de Gmail – et d’une liste de contact à gauche, d’une liste des « Wave » (des vagues, en français) au centre et du détail de la Wave sélectionnée à droite. Reste à comprendre ce qu’est une Wave. L’explication technique : c’est un fichier XML commun à tous les participants de la dite Wave. En gros, c’est l’espace de discussion.

Concrètement, après avoir créé une Wave (ou y avoir été invité), vous pouvez ajouter vos contacts et participer. Proche du chat, la vague permet d’écrire des messages (appelés des « blips »), de répondre, de corriger, de revenir en arrière, d’ajouter des détails dans un message antérieurs, de rejouer la discussion, d’éditer une réponse, d’y mettre des couleurs, etc. Les possibilités sont multiples mais pas franchement inédites. Détail amusant toutefois, la frappe des messages est transmise caractère par caractère ! C’est… surprenant (ou déroutant ?).

Google Wave dévoile réellement tout son potentiel dans les nombreux robots et extensions (déjà) disponibles. Lien avec Twitter et Facebook, outil de traduction en temps réel, écoute de radios, création de sondage, intégration de Google Maps, et j’en passe ; tous ces outils apportent une certaine valeur ajoutée à l’utilisation de Google Wave. Petit bémol : si l’installation est aisée, leur intérêt laisse parfois à désirer (comme le robot qui détecte les contrepèteries possibles dans une Wave) quand ils ne sont pas tout simplement inexploitables.

Premiers retours ? Le moins que l’on puisse dire, c’est que les avis sont partagés. Une tendance émerge cependant : le soufflé est retombé. Comprenez : depuis son annonce, une grande partie de la blogosphère et de la communauté « geek » s’attendait à découvrir dans Google Wave un outil véritablement révolutionnaire. Mieux : une nouvelle façon de communiquer. Mais les premiers retours sont sévères : intimidant, pas assez intuitif (il faut trouver puis installer la plupart des extensions intéressantes), trop exigeant pour le navigateur (même Chrome patine),… Bref, tout simplement trop compliqué !

Et c’est loin d’être anodin car Google Wave perdra de son intérêt s’il ne séduit pas le grand public, pourtant particulièrement réticent aux interfaces complexes. Plus inquiétant encore, le nouveau service de Google ne convainc même pas où on l’attend : la gestion des Wave reste (au moins) aussi laborieuse que celle des emails traditionnels et l’écriture en temps réel, loin de faciliter la discussion, la ralentit. Face à la concurrence des outils existants et des réseaux sociaux, d’aucuns se sont même demandé si Google Wave ne résolvait pas des problèmes… qui n’existaient pas/plus !

Restons de bon compte, Google Wave n’est pour l’instant accessible qu’en version « pré-beta » à un nombre restreint d’utilisateurs. Le géant californien a déjà prévu plusieurs améliorations dont la création d’un site en ligne regroupant les extensions et robots utiles. De plus, on imagine mal Google abandonner son nouveau bijou au premiers écueil. Et si l’enthousiasme des premiers adeptes s’est rapidement essoufflé, rien ne dit que le grand public ne se prendra pas au jeu d’une interface un peu modifiée…

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