Opel : 2.321 emplois menacés à Anvers

n.c.

Jeudi 26 novembre 2009

Selon le plan de restructuration présenté mercredi par General Motors, 2.321 emplois (sur 2.600) devraient disparaître à Anvers, a précisé Klaus Franz, président du conseil d’entreprise européen d’Opel.

L’avenir de l’usine à Anvers est « incertain », a déclaré mercredi le président par intérim des activités européennes de General Motors, Nick Reilly, annonçant la création d’un groupe de travail chargé de trouver des options pour le site. Le groupe américain General Motors (GM) semble avoir scellé le sort de l’usine d’Opel à Anvers en Belgique, selon des détails d’un plan de restructuration révélés mercredi. GM devrait supprimer 8.684 emplois en Europe. En Belgique, sur le site d’Anvers, 2.321 emplois (sur 2.600) devraient disparaître à Anvers, selon Klaus Franz, président du conseil d’entreprise européen d’Opel, qui dénonce un plan tout bonnement « inacceptable ».

En Allemagne, 2.500 emplois devraient disparaître à Rüsselsheim, 1.799 à Bochum, 300 à Kaiserlautern et 300 à Eisenach. Par ailleurs, 354 postes seraient supprimés à Luton (Grande Bretagne) et 900 à Saragosse en Espagne.

« Nous avons un plan, mais aucune décision définitive n’a été prise car nous entrons maintenant dans une phase d’échange d’informations et de consultation », a indiqué Nick Reilly.

Plus tôt, il avait en revanche annoncé le maintien des quatre sites allemands, qui emploient environ la moitié des 50.000 salariés d’Opel et de la marque britannique Vauxhall en Europe, satisfaisant une revendication de longue date de Berlin.

GM espère que les pays abritant des sites Opel vont contribuer à financer son plan, dont le coût a été évalué par le groupe à 3,3 milliards d’euros.

M. Reilly a réaffirmé son objectif de boucler définitivement le plan d’ici la mi-décembre. « Nous devons sortir de la phase (de consultation) aussi rapidement que possible, car les incertitudes (…) ne font de bien à personne », a-t-il dit.

La FGTB affirme ne pas être déçue

La FGTB a affirmé, mercredi, ne pas être déçue de l’entretien relatif à l’avenir du site anversois d’Opel. Selon Rudi Kennes, GM est en effet prêt à examiner toutes les possibilités pour l’entreprise. Davantage de précisions devraient être apportées dans 2 ou 3 semaines, a-t-il estimé.

Quant au chiffre de 2.321 emplois avancés par GM, il s’agit d’emplois « menacés », a nuancé le représentant du syndicat socialiste en réitérant sa confiance dans le plan d’entreprise mis sur pied pour Opel Anvers. « Il a été dit, ce mercredi, que les accords négociés avec Magna devaient rester valables », a poursuivi M. Kennes. Ce dernier a néanmoins regretté le manque d’informations claires et a rejeté un éventuel lancement de la phase de négociations, « tant que la phase d’information ne sera pas bouclée ».

Luc Van Grinsven de la CSC demande plus de clarté sur le sort de l’usine d’Anvers. « Nous voulons d’abord savoir dans quel cadre les discussions auront lieu. Pouvons-nous aboutir à une solution valable ? Nous ne voulons pas nous impliquer dans un groupe de travail si la production s’arrête à Anvers », a ajouté M. Van Grinsven. « Nous voulons plus de clarté de la part de GM ».

Le 3 novembre, le groupe de Detroit avait finalement décidé de conserver ses marques européennes Opel et Vauxhall, revenant sur son choix du canadien Magna, adossé à la banque russe Sberbank, comme repreneur.

Le revirement avait provoqué la colère du gouvernement de Berlin, qui avait soutenu l’offre de Magna et lui avait promis, en pleine campagne pour les élections législatives de septembre, une aide de 4,5 milliards d’euros pour mener à bien sa restructuration d’Opel. Magna s’était aussi engagé à garder tous les sites allemands.

La chancelière allemande Angela Merkel s’est jusqu’à présent montrée nettement moins disposée à soutenir financièrement GM.

Ces derniers jours, le groupe américain s’est efforcé d’arrondir les angles, remboursant notamment la totalité du crédit relais de 1,5 milliard avancé par l’Allemagne pour permettre à Opel de survivre.

Lundi, les pays européens où sont implantés Opel et Vauxhall (Allemagne, Grande-Bretagne, Belgique, Espagne et Pologne) s’étaient promis de ne plus négocier individuellement des aides publiques à GM dans le cadre des restructurations et de fournir une réponse coordonnée la semaine prochaine.

(afp)

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