L’art contemporain s’offre un pôle
JENNOTTE,ALAIN
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Jeudi 26 novembre 2009
Liège La Ville veut faire de Saint-Léonard le « quartier des artistes »
Mais Liège aura-t-elle la bourse assez garnie pour un projet aussi ambitieux ? L’échevin de la Culture, Jean-Pierre Hupkens (PS) veut le croire, grâce à un important partenariat que la Ville vient de nouer avec Ethias. Depuis le début de l’été, les responsables liégeois et le groupe d’assurances cherchaient une solution au projet de rachat par la Ville, des anciens bâtiments de Sonoflash, une société recréée après sa faillite sous le nom de Sans Frontière, et qui depuis a déménagé.
Le bâtiment « Sonoflash » est stratégiquement situé, rue Vivegnis, entre plusieurs lieux occupés – ou en passe de l’être – par Espace 251 Nord.
Dès septembre, le comité de direction d’Ethias avait donné son accord pour racheter le bâtiment et l’aménager avant de le louer à la Ville. De son côté, le collège s’était prononcé pour accepter une location d’un montant maximal de 75.000 euros par an. Les négociations avec Sans Frontière ont abouti, selon l’échevin Hupkens, qui fait état d’un courrier d’Ethias. L’ensemble immobilier serait acquis pour un montant d’environ un million d’euros, auquel Ethias devra vraisemblablement ajouter un demi-million d’euros supplémentaires pour les aménagements avant de le louer à la Ville. Les travaux devraient durer jusqu’au début 2011.
Une bonne affaire pour Liège ? « Certes, Ethias doit prévoir un retour sur son investissement, convient Jean-Pierre Hupkens, mais il sera modeste. Dans ce dossier, on est à la limite du mécénat. Cela entre dans le cadre de la politique de promotion de la culture d’Ethias ».
L’endroit deviendrait l’axe central du futur pôle d’art contemporain. « Il y a un espace suffisant pour aménager au moins trois vastes ateliers, précise l’échevin de la Culture. Ils permettront d’accueillir des artistes préparant des projets de grand volume, comme des sculptures monumentales, ou des œuvres qui nécessitent des équipements spécifiques, tel un atelier de soudure. Mais, à chaque fois, il s’agira d’un projet temporaire. Un artiste investit les lieux durant quelques mois, voire un an, puis laisse la place à un autre projet ». Quant aux résidences, qui prendront la forme de simples appartements, le premier choix de la ville est de les affecter aux artistes qui utiliseront ses ateliers.
Le bâtiment comprend également deux niveaux de bureaux, qui sont destinés à accueillir des associations. Certains de ces bureaux pourraient être transformés en ateliers de plus petites dimensions.
« Tout le pôle prend forme avec cet aménagement du bâtiment Sonoflash, poursuit Jean-Pierre Hupkens. On est juste à côté de la friche ou la Ville construit plusieurs résidences d’artistes. Séparés par une cour pavée qui nous appartient également, on trouve du côté de la rue Vivegnis, les locaux d’Espace 251 Nord et de l’autre côté, c’est la Comète, une salle qui appartient elle aussi à cette association ». Ce n’est pas tout : à quelques mètres se trouve l’ancienne brasserie Haecht, autre propriété communale. Le 4ème étage a été confié par bail à Espace 251 Nord tandis que Smart, une association professionnelle d’artistes, occupera le troisième.
L’ensemble sera géré par une structure constituée sur le modèle des centres culturels. « Elle chapeautera l’ensemble des projets du pôle d’art contemporain, dès 2011, note l’échevin. Le quartier est en train de se transformer. Outre Espace 251 Nord ainsi que le Curtius, tout proche, on peut citer dans le quartier le Corridor, qui œuvre, plutôt dans le domaine de l’art dramatique, avec des logements et des lieux de répétition, mais aussi le projet d’habit groupé des Urbains ». Jean-Pierre Hupkens estime aussi que les projets des plasticiens, envisagés un temps pour l’ancienne dentisterie, lors des négociations avec le Comité Liège 2015, l’an dernier, pourraient être localisés au sein du pôle. « Toutes ces initiatives vont dilater un peu plus encore le centre de la Ville et contribueront, chacune à leur manière, à faire de Saint-Léonard le quartier des artistes ».
La Comète deviendra une salle d’expos
Nous avons pris position depuis longtemps pour le développement d’un pôle d’art contemporain dans le quartier Nord, qui doit compléter le cadastre culturel des arts plastiques, non seulement de la Communauté française, mais également dans la perspective plus large de l’Euregio. Cela fait dix ans que l’on travaille, grâce à l’aide de la Spi+ et de la Sorasi, à valoriser ce qui n’était qu’une friche industrielle.
Non. Notre activité très différenciée. La notion de résidence que l’on met en valeur est liée à la professionnalisation et à la circulation des artistes. Et les ateliers que la Ville va aménager permettront un vrai travail de production en parallèle avec les résidences. Nous allons également associer à la création des étudiants venus des universités et des écoles d’art, aux côtés d’artistes confirmés.
On y installera des bureaux et notre plate-forme numérique qui est essentielle, tant pour le travail de fond que l’on réalise sur nos archives que pour notre manière de travailler, à l’avenir. Un bail a été signé avec la Ville la semaine dernière et nous allons commencer les travaux pour que ce soit opérationnel à la fin de l’été.
Pour l’instant, elle sert d’atelier et de dépôt. Mais elle va être rénovée pour y mettre en place une programmation d’expos et d’événements.
C’est précisément ce que nous souhaitons ! On espère qu’un certain nombre d’associations et de créateurs viendront rejoindre et enrichir pôle. Mais ce que l’on cherche, ce sont des « complémentaires », pas des « supplémentaires » !
