Le cinéma au rythme de la musique

WYNANTS,JEAN-MARIE

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Jeudi 26 novembre 2009

Danse Thierry De Mey et le Brussels Philharmonic - Vlaams Radio Orkest

Sur la scène du studio 4 de Flagey, Cynthia Loemij se tient immobile aux côtés du chef d’orchestre Michel Tabachnik. Aujourd’hui, elle ne danse pas mais sur les trois écrans qui surplombent l’orchestre, son image se démultiplie dans un paysage désertique. Bientôt, Marc Lorimer apparaît dans le même décor. Sur scène, la danseuse fait un signe discret à Michel Tabachnik. Et tandis qu’elle s’éclipse, la musique de Debussy vient rompre le silence.

Avec Equi Voci, Thierry De Mey propose une soirée mêlant danse filmée et musique en direct. Mais grâce à un tout nouveau procédé, c’est l’image qui suit la musique et plus l’inverse.

« Le flux vidéo est diffusé sur trois grands écrans, explique-t-il. Dans une installation précédente (ndlr : From Inside, actuellement visible au BPS 22 à Charleroi), un spectateur pouvait commander l’image à l’aide de petits capteurs disposés dans l’espace. Ici, nous allons plus loin. L’orchestre est maître du jeu et nous commandons les images, manuellement, pour les adapter au rythme imposé par le chef. »

A l’œil nu, pour le spectateur, la chose reste invisible. Mais pour les danseurs, il en va tout autrement. « C’est très étrange, confie Cynthia Loemij. Sur une chorégraphie comme celle-ci, nous avons travaillé le moindre mouvement pour tomber pile au moment voulu. On sent donc la moindre variation et cela fait un drôle d’effet de voir notre corps ralentir ou accélérer sans que nous en soyons maître. »

Avantage de la formule : le chef peut entièrement se concentrer sur sa musique et donner un véritable concert plutôt que de lorgner sans cesse sur l’écran pour rester en phase avec les images.

Le spectateur peut ainsi jouir pleinement d’une vraie soirée musicale… et d’un époustouflant travail de danse filmée. Pour ce programme Equi Voci (à voix égales), Thierry De Mey ouvre le bal avec un film réalisé en mer d’Aral. Une mer en voie de disparition, laissant place à un désert de sable et de sel sur des dizaines de kilomètres.

« C’est un environnement hallucinant, confie Thierry De Mey. On y perd toute notion de distance et cela nous a joué quelques tours. Pour filmer Cynthia, seule au milieu de cette plaine immense, nous nous sommes éloignés de 5 kilomètres en voiture afin d’effectuer une large boucle sans laisser de traces de pneu là où nous allions filmer. Mais ensuite, nous ne parvenions plus à nous situer et encore moins à retrouver Cynthia. Elle était seule, sans eau, sans le moindre abri, au milieu du désert. Nous avons sérieusement paniqué. Mais quand on l’a retrouvée, elle était restée très zen, communiant pleinement avec cette nature sauvage. »

L’expérience n’a pourtant pas été de tout repos pour les danseurs, se mouvant sur un sol abrasif et sous un soleil brûlant. Une expérience unique qui donne naissance à des images d’une beauté surnaturelle.

On retrouvera ensuite l’orchestre seul pour La Mer de Debussy avant un nouveau dialogue entre image et musique sur Ma Mère l’Oye de Ravel qui a inspiré à Thierry De Mey un film où une foule de danseurs fait naître des personnages fantastiques au cœur de la forêt. Le tout se terminera par La Valse, du même Ravel, pour laquelle Thomas Hauert livrera une chorégraphie live, à Charleroi uniquement.

Le 26 novembre à Flagey et le 27 novembre aux Ecuries à Charleroi, www. charleroi-danses.be, 070-660.413.

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