Quand le GSM traque le bruit

DUBUISSON,ELISE

Vendredi 27 novembre 2009

Pollution La VUB participe au projet international « NoiseTube »

Un simple logiciel, téléchargeable gratuitement sur téléphone portable, permet de visualiser la pollution sonore ambiante sur son GSM, à condition qu’il soit équipé d’un GPS.

Boum, Paf, Vroum, Dring… Voilà un bref extrait de la valse de sons que nos frêles oreilles endurent à longueur de journée. Passé 85 décibels, il n’est d’ailleurs plus question de valse mais bien de pollution sonore qui peut altérer l’ouïe. Vous vous demandez si les travaux en bas de chez vous ou la musique de votre voisin dépassent les 85 décibels ? Armez-vous de votre GSM (pour autant qu’il soit équipé d’un GPS), téléchargez-y le logiciel mis au point par les chercheurs du projet NoiseTube et mesurez la pollution sonore qui vous entoure. Chapeauté par Nicolas Maisonneuve, de Sony Computer Science Lab Paris secondé par son collègue Bartek Ochab et Matthias Stevens à Bruxelles, NoiseTube vous permet de transformer votre téléphone portable en capteur environnemental.

Première étape pour participer à ce projet : s’équiper ! « Il suffit de télécharger sur son téléphone portable le logiciel de mesure du bruit via notre site internet. Ensuite, dès que le participant lance le programme, les bruits qui l’entourent sont enregistrés toutes les deux secondes via le microphone du GSM », explique Matthias Stevens, doctorant en informatique à la Vrije Universiteit Brussel. Vous pouvez ainsi voir en temps réel sur votre téléphone la puissance de votre environnement sonore.

Vous n’avez pas envie de garder les yeux rivés sur votre téléphone lorsque vous lancez une session ? Pas de problème ! L’ensemble de vos données sont enregistrées et replacées sur une carte que vous pouvez visualiser via le site internet de NoiseTube. « Chaque utilisateur inscrit sur notre site a accès aux sessions qu’il a enregistrées. En d’autres termes, il peut refaire virtuellement son trajet sur des cartes de Google Earth complétées par des indications sur le niveau de décibel des zones traversées. » Chaque utilisateur a en outre la possibilité d’ajouter des précisions sur la source du bruit rencontré.

« Grâce à cette technologie, les citoyens qui subissent des nuisances sonores ne devront bientôt plus attendre le passage d’un expert pour se faire entendre, s’enthousiasme Matthias Stevens. Nous espérons ainsi les aider à avoir plus d’influence sur leur qualité de vie. »

Si permettre à tout un chacun d’évaluer son environnement sonore constitue déjà une avancée, l’objectif des chercheurs est plus large. « Le site de NoiseTube est un site participatif, toutes les données collectées sont regroupées de manière à cartographier avec précision l’environnement sonore d’un lieu à l’échelle de la population. »

Le chercheur de la VUB s’est d’ailleurs mis en tête de cartographier Bruxelles. « Le projet Bruxellois est ficelé, nous sommes en attente d’un financement. Nous espérons que les Bruxellois seront séduits par cette idée et qu’ils téléchargeront notre logiciel. » Et pour cause : pour que cette technique soit pertinente il est essentiel que le nombre de participants soit élevé. « Actuellement, une centaine de personnes ont déjà téléchargé notre programme. Il y a des Français, des Belges, des Américains et même un Brésilien mais pour pouvoir continuer ils nous en beaucoup faut plus. »

Pas question pour les chercheurs de s’arrêter en si bon chemin.

A terme, c’est bien plus que la pollution sonore qu’ils espèrent cartographier. « Nous aimerions cartographier la qualité de l’air. On pourrait, par exemple, ajouter un analyseur de particules, reliés au téléphone par bluetooth », conclut Matthias Stevens.

www.noisetube.net

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