Van Rompuy à la tête de l’UE : un bon choix, selon Delors
n.c.
Lundi 30 novembre 2009
L’ancien président français de la Commission européenne Jacques Delors a salué la nomination de Herman Van Rompuy à la présidence de l’UE, à la veille de sa prise de fonctions, jugeant que les États européens n’auraient jamais accepté une trop forte personnalité à ce poste. Le Traité de Lisbonne, qui crée la fonction de Van Rompuy, entre en vigueur ce mardi 1er décembre. L’ancien Premier ministre ne prendra toutefois ses fonctions que le 1er janvier prochain.
« Ce qu’on attend de lui, et il le fera très bien, c’est de rapprocher les points de vue, de faciliter la préparation des décisions (des chefs d’État et de gouvernement de l’UE), de ne pas accepter des effets d’annonce non suivis d’effet », a déclaré M.
Delors lors d’une conférence de presse à Bruxelles.
L’ancien Premier ministre belge Herman Van Rompuy, un chrétien-démocrate, devient mardi le premier président du Conseil européen. Il s’est imposé face notamment au Britannique Tony Blair et au Luxembourgeois Jean-Claude Juncker.
Sa désignation n’a toutefois guère suscité l’enthousiasme. Ses détracteurs jugent qu’il n’a été nommé que pour ne pas faire d’ombre aux grands États de l’UE qui entendent continuer à donner le ton sur les affaires européennes.
Pour M. Delors, toutefois, « il n’a jamais été question en Europe d’avoir une personne qui serait président de l’Europe, les États ne l’auraient pas supporté ».
Les chefs d’État « avaient beau avoir comme candidat un homme qui aurait pu faire ça (Tony Blair, NDLR), ils ne l’auraient pas supporté. Au bout de 6 mois, la tension entre les différentes institutions (européennes) aurait été telle que tout aurait été paralysé, donc ils ont fait le bon choix », a jugé M. Delors.
Il a aussi jugé que M. Van Rompuy, qui ne fait pas mystère de ses vues « fédéralistes » sur la construction européenne, devrait mettre de l’eau dans son vin sur ce point.
« Quand on occupe un poste comme cela, on oublie un peu ses préférences personnelles », a-t-il dit.
Dans le même temps, M. Delors a estimé que le projet européen était en panne, victime d’un retour aux souverainetés nationales.
« Pour les Européens c’est l’air du temps qui n’est pas bon (…) Ce qui est essentiel pour l’Europe en ce moment, c’est que le monde évoluant comme il le fait, nous avons le choix entre la survie et le déclin », a dit M. Delors, qui fut l’un des pères de l’euro.
(D’après AFP)
