Le pétrole se rétablit, les craintes sur Dubaï s’estompent
n.c.
Lundi 30 novembre 2009
Les cours du pétrole confirmaient leur rétablissement près de 77 dollars en fin d’échanges européens, finissant même à plus de 77 dollars à New York, le marché étant rassuré par l’annonce d’une intervention de la Banque centrale des Emirats arabes unis à la rescousse de Dubaï. De son côté, Wall Street a fini en hausse, le Dow Jones gagnant 0,34% et le Nasdaq 0,29%.
Vers 17 heures (18 heures à Paris), le baril de Brent de la mer du Nord, échangé à Londres, pour livraison en janvier gagnait 22 cents à 77,40 dollars.
A la même heure, le baril de « brut léger texan » (WTI) échangé à New York, pour la même échéance, prenait 25 cents, à 76,30 dollars.
« Les prix restent retranchés dans leur récente fourchette de prix de 75-80 dollars, bien que ce soit en bas de la tranche, à cause des menaces persistantes liées à la crise de Dubaï », commentait Amrita Sen, analyste chez Barclays Capital.
Bien que les craintes liées à Dubaï ne soient pas entièrement dissipées, le « lundi noir » que les marchés redoutaient après les révélations sur l’endettement de l’émirat la semaine dernière, ne s’est pas produit.
« Dubaï ne devrait pas être le début d’une nouvelle série de problèmes sur les marchés émergents ou ailleurs. La reprise de l’économie mondiale devrait continuer, menée par les marchés émergents », juge ainsi Kevin Grice, analyste chez Capital Economics, résumant l’opinion qui semble dorénavant faire consensus sur les marchés.
Les investisseurs ont semblés notamment rassurés par l’intervention de la Banque centrale des Emirats arabes unis qui a annoncé dimanche la mise à disposition de liquidités supplémentaires.
Dans un communiqué publié après un silence de trois jours des autorités, la Banque centrale assure qu’elle « soutient les banques émiraties et les branches des banques étrangères opérant dans le pays ».
Dubaï avait annoncé mercredi un moratoire d’au moins six mois sur la dette de son conglomérat Dubai World, faisant redouter aux investisseurs une insolvabilité de Dubaï pour sa dette publique de 80 milliards de dollars.
Ces annonces avaient entraîné une forte chute du marché pétrolier new-yorkais durant la séance de vendredi : réagissant avec un jour de retard à cause de Thanksgiving, le « brut léger texan » avait lâché plus de 5 dollars, mais avait ensuite réussi à limiter ses pertes à 1,91 dollar à la clôture. A Londres, le marché, qui avait essuyé « l’effet Dubaï » dès jeudi, avait regagné 19 cents vendredi.
Par ailleurs la crise de la dette de Dubaï pourrait fournir des occasions d’investissement pour la Chine avide de diversifier ses placements, éventuellement dans le pétrole ou l’or, a affirmé lundi un journal officiel citant un haut responsable.
Sur le front géopolitique, l’Iran a annoncé dimanche qu’il projetait de construire dix nouvelles usines d’enrichissement d’uranium et de produire de l’uranium enrichi à 20 %, suscitant de nouvelles inquiétudes dans la communauté internationale.
Les experts pétroliers semblaient toutefois considérer que le risque d’interruption de la production lié à l’Iran était faible.
« Nous allons graduellement nous diriger vers l’imposition de nouvelles sanctions contre l’Iran. Le risque d’une escalade militaire et d’une interruption des approsionnements de pétrole est toutefois extrêmement lointain, car les Etats-Unis sont confrontés à un défi de plus en plus grand en Afghanistan », notait ainsi Olivier Jakob, analyste du cabinet Petromatrix.
(D’après AFP)
