Le traité de Lisbonne entre en vigueur
LABAKI,MAROUN
Mardi 1er décembre 2009
Finalement ! Huit ans après le sommet de Laeken, qui avait lancé la Convention sur l’avenir de l’Union, la réforme institutionnelle européenne devient réalité ce mardi 1er décembre, avec l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne.
L’événement sera fêté ce soir, mais uniquement dans la capitale portugaise, où se retrouveront les responsables des principales institutions des Vingt-Sept, y compris Herman Van Rompuy, le futur président permanent du Conseil européen.
Lassitude face à l’institutionnel ? C’est vrai que celui-ci a occupé beaucoup de place, ces dernières années. Les débats de la Convention (qui ont produit le traité constitutionnel), les « non » français et néerlandais, la négociation du traité de Lisbonne – une version plus sobre de la « Constitution » – les réticences polonaises, le « non » irlandais, les foucades du président tchèque : on a énormément parlé d’institutionnel depuis 2001. Gageons qu’on en parlera nettement moins dans les années qui viennent. Et peut-être plus du tout avant longtemps.
Le traité de Lisbonne est évidemment d’une grande complexité : il reflète bien la complexité de l’intégration européenne elle-même. Il est clair cependant qu’il représente un progrès vers davantage d’Europe ; qu’il scelle des transferts de souveraineté de la part des Etats membres vers l’Union.
Ce mardi matin, au saut du lit, on n’en verra rien. Ce sera différent pour la Britannique Catherine Ashton, nommée le 19 novembre haute représentante de l’UE et vice-présidente de la Commission européenne, et qui prendra aujourd’hui ses nouvelles fonctions. Elle remplacera principalement l’Espagnol Javier Solana, mais dans un rôle sensiblement renforcé, et partiellement intégré à la machinerie européenne, puisqu’elle sera membre de la Commission. Deux casquettes, deux allégeances : la baronne travailliste aura du mal à ne pas apparaître comme un monstre à deux têtes. Au temps de la Convention, cet étrange montage avait toutefois rassuré les pro-européens les plus convaincus, qui craignaient un renforcement fatal du « pôle intergouvernemental » avec la création du poste de président permanent du Conseil européen.
Catherine Ashton s’occupait du Commerce dans la Commission sortante. Ses anciennes attributions seront reprises dès ce mardi par l’Autrichienne Benita Ferrero-Waldner, qui lui cède en échange son portefeuille des Relations extérieures. Le Belge Karel De Gucht ne prendra possession du maroquin du Commerce que début février.
Herman Van Rompuy, de son côté, a préféré attendre le 1er janvier pour rejoindre ses nouvelles responsabilités. Cela permettra au Premier ministre suédois de terminer, en solo, sa présidence semestrielle de l’UE. Dès le premier jour de 2010, José Luis Zapatero, le chef de gouvernement de l’Espagne, qui prendra le relais de la Suède, devra de ce fait partager les manettes et les honneurs avec le nouveau président permanent du Conseil européen. Un modus vivendi à inventer…
La boîte à outils de l’Union ayant donc été passablement améliorée, il ne reste plus aux responsables européens qu’à se mettre au travail avec ardeur.
