Affaire Grégory : trois traces ADN controversées

n.c.

Lundi 7 décembre 2009

Le procureur général de Dijon a affirmé qu’il « n’y avait rien de bien neuf sous le soleil » dans les recherches d’ADN dans l’enquête sur la mort du petit Grégory. Quelques heures auparavant, l’avocat de la famille Villemin avait annoncé la découverte de trois traces sur l’enveloppe d’une lettre du « corbeau » datant du 16 octobre 1984.

« Il s’agit d’éléments qui figurent dans le rapport du 21 octobre », a précisé le procureur général Jean-Marie Beney. « J’avais fait le choix de ne pas parler de ces traces car elles ont peu de chance d’être exploitées. Elles sont très mélangées », a-t-il dit dans un entretien à l’Associated Press.

Le laboratoire « Biomnis indique avoir décelé trois ADN, dont un féminin majoritaire, avec exclusion totale et sans ambiguïté de Christine Villemin », avait déclaré auparavant Me Thierry Moser, l’avocat de la famille Villemin. Selon lui, il s’agit d’une « avancée importante » dans l’enquête.

Les traces génétiques, dont l’une féminine, ont été retrouvées sur le rabat intérieur de l’enveloppe d’une lettre postée le 16 octobre 1984, jour de l’enlèvement et de l’assassinat de l’enfant de 4 ans, découvert pieds et poings liés dans la rivière Vologne, dans les Vosges, a annoncé à l’AFP Me Thierry Moser.

Le lendemain du meurtre, les parents, Christine et Jean-Marie Villemin, avaient reçu une lettre anonyme : « Ton fils est mort. Je me suis vengé ».

Selon l’avocat, « des comparaisons ADN sont possibles » sur cette pièce majeure du dossier qui est en lien direct avec le crime.

Les profils génétiques pourraient en effet être « démêlés » par comparaison avec des empreintes qui ont été prélevées sur d’autres pièces du dossier.

L’avocat des parents Villemin a indiqué que de l’ADN avait également été retrouvé sur deux courriers du corbeau, datant du printemps 1983, soit plus d’un an avant l’assassinat.

« Une affaire de semaine »

Une cellule composée de douze gendarmes de la section de recherche de Dijon a été mise en place mi-novembre dans le cadre d’une relance de l’enquête sur le meurtre de Grégory Villemin.

Jean-Marie Beney a expliqué que « les prélèvements avaient commencé sur les acteurs de la procédure » et qu’il « y avait une volonté de faire assez vite ». « C’est une affaire de semaine », a-t-il dit à l’AP.

Grâce aux analyses d’un laboratoire scientifique, deux profils génétiques féminin et masculin exploitables ont été isolés il y a quelques semaines sur le timbre et l’enveloppe d’une lettre, envoyée au grand-père de Grégory, par un mystérieux « corbeau » en juillet 1985. Des mélanges d’ADN ont également été détectés sur les cordelettes ayant servi à entraver l’enfant.

Le petit Grégory, quatre ans et demi, avait été retrouvé mort le 16 octobre 1984, pieds et mains liés dans la Vologne, une rivière des Vosges.

(ap)

Pas de résultats.