Et si l’Europe aidait sa capitale ?

LAMQUIN,VERONIQUE

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Lundi 14 décembre 2009

Politique Une piste de financement

Que reste-t-il des Etats-Généraux de Bruxelles ? Au moins des idées. Exemple ? Pourquoi ne pas solliciter l’Europe pour refinancer Bruxelles ? La question mérite d’être posée, estime aujourd’hui Didier Gosuin. Le chef de groupe de l’opposition MR, relayant des prises de position de spécialistes des finances publiques tels que Philippe Cattoir, Magali Verdonck ou Pol Zimmer (auteurs d’un cahier du Crisp sur les finances publiques), vise les fonds européens. Pour l’heure, la Région bruxelloise reçoit, tous les sept ans, une enveloppe de quelque 200 millions d’euros, via la politique régionale européenne. Ainsi la capitale bénéficie-t-elle de programmes de développement socio-économique, comme le Feder, ou de mise à l’emploi, comme le Fonds social européen. Si ces montants sont évidemment particulièrement bienvenus dans une Région désargentée, ils n’en restent pas moins réduits par rapport aux sommes dégagées pour d’autres régions européennes, économiquement moins développées. Ainsi, pour la période 2007-2013, Bruxelles reçoit 183 millions d’euros, contre 26 milliards d’euros pour la Tchéquie.

La répartition de la manne européenne se négocie, tous les sept ans, entre Etats membres. Or, la prochaine répartition (pour la période 2014-2021) doit être soumise par la Commission au Parlement européen en juillet 2011. Les discussions doivent donc démarrer en 2010. C’est là que, relayant l’avis des experts, Didier Gosuin propose : « Pourquoi ne pas demander que l’Europe intervienne financièrement pour sa capitale ? » Il s’agit moins, précise le chef de groupe MR, de réclamer davantage au travers des Fonds existants. « Mais de faire en sorte que l’on prenne en compte la présence des institutions européennes. Via un nouveau fonds. Cela ne concerne d’ailleurs pas que Bruxelles : d’autres villes accueillent des instances de l’Union. Cela a un coût. » Que, pour l’heure, Bruxelles supporte seule. « Profitons de la présidence belge pour lancer le débat, propose Didier Gosuin. Nous avons là une occasion unique ! Je sais que ce ne sera pas facile. Mais je vois mal comment la Commission pourrait balayer d’un revers de la main cette demande. » Pour s’assurer que l’idée suit son chemin, Didier Gosuin interpellera le ministre-président bruxellois le 14 janvier au Parlement. Son souhait ? Que l’on crée une task force bruxelloise, entre experts des

universités et administrations, acteurs politiques, pour bétonner le dossier bruxellois. Gageons que, dans l’attente de la réponse de Charles Picqué, Didier Gosuin veillera à sensibiliser son coreligionnaire Olivier Chastel, secrétaire d’Etat aux Affaires européennes, qui mènera la négociation.

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