Ceinture, les mains loin des poches

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Mercredi 16 décembre 2009

Mons Le déficit prévu de 12 millions d’euros ramené à 3 millions

Douze millions d’euros de déficit ! Presque 8 % des dépenses de la Ville ! C’est le gouffre financier qui pendait au nez de Mons selon les premières projections budgétaires. « Les tout premiers chiffres en ma possession flirtaient avec les 15 millions, mais je ne l’ai pas dit à mes collègues pour ne pas leur faire peur », renchérit même l’échevin des Finances, Richard Miller (MR).

En cause, la crise économique (perte des dividendes Dexia, non-indexation du fonds des communes, suppression des compensations du plan Marshall), mais aussi les frais liés au personnel (pensions des agents statutaires, dernière tranche de la Révision générale des barèmes et application complète du pécule de vacances à 92 %).

Pourtant, l’échevin Miller parle de « budget miraculeux » et de « résultat en forme de cadeau de fin d’année ». Car au final, le trou a pu être ramené au niveau plus raisonnable de 3 millions d’euros. Comment ? D’abord grâce à une série de bonnes nouvelles obtenues de la Région et du fédéral. De l’une, la Ville a fini par obtenir une compensation de 900.000 euros pour le plan Marshall et une convention sectorielles pour le personnel (283.000 euros) ; de l’autre, un projet de financement des agents du Rinsis (Centre régional de secours de Mons), pour 1,15 million, ou encore un meilleur rendement de l’impôt des personnes physiques (750.000 euros, + 3,7 %).

« Pas touche au citoyen »

Mais c’est en interne que le gros de l’effort restait à faire. Ville, CPAS, police, associations… tout le monde a été invité à se serrer la ceinture (lire ci-dessous). Pas question en tout cas de « choisir la solution de facilité en allant chercher l’argent dans la poche du citoyen », martèle le bourgmestre Elio Di Rupo (PS). Les additionnels au précompte immobilier restent à 2850 centimes, leur taux depuis dix ans, tout comme ceux à l’impôt des personnes physiques demeurent à 8 %. « La circulaire ministérielle nous permettait de monter à 8,8 % », rappelle le collège, soulignant qu’une hausse des taxes jusqu’au plafond aurait rapporté quelque deux millions d’euros.

Reste que trois millions de mali, c’est toujours trois de trop pour une ville sous plan de gestion. Heureusement, compte tenu du contexte économique, la tutelle régionale autorise exceptionnellement ces communes à présenter un budget déficitaire de 2010 à 2012. Mons aurait pu ainsi atteindre 3,7 millions d’euros. Seule condition : présenter dans un délai de six mois un plan de gestion assurant le retour à l’équilibre pour 2015. C’est la voie qui sera prospectée. « Les mesures prises en interne vont se poursuivre par une réorganisation de l’administration », prévoit Elio Di Rupo. Était-ce indispensable d’en arriver là alors que la Ville aurait pu équilibrer son budget en puisant dans ses provisions ? « On se place volontairement sous plan de gestion, reconnaît Richard Miller. C’est la traduction de la volonté du collège d’assurer l’avenir de la Ville. »

Car demain, les coups de pouce de la Région ou du fédéral pourraient faire partie de l’histoire ancienne.

Aucun n’en mourra, mais tous seront touchés

Quand on dit tout le monde, c’est tout le monde. Les mesures d’économie à la Ville frapperont ainsi :

Le personnel : les départs naturels (statutaires et APE) et les absences pour maladie ou accident de travail ne seront plus remplacés. Économie prévue : 800.000 euros en tout. De nouvelles nominations permettront de maintenir le niveau de statutaires parmi les 1600 travailleurs de la Ville et les 800 du CPAS.

Les associations : leurs subsides seront réduits de 5 %, soit 350.000 euros de moins pour les activités festives, culturelles et sportives.

La police : sa demande de dotation d’un million d’euros a été ramenée, après examen, à 400.000 euros.

La Régie communale autonome : la gestion du Lotto Mons Expo tendra désormais vers l’équilibre. Gain espéré : 400.000 euros.

La Régie foncière : une réduction globale de son déficit devrait permettre d’épargner 500.000 euros.

Le fonctionnement des services : ils ont obtenu 700.000 euros de moins que leur proposition de départ.

Le CPAS : l’Action sociale a dû prélever 5,97 millions dans son fonds de réserve pour équilibrer son budget. Si le Centre conserve une dotation de 11,28 millions d’euros (stable depuis 2006), celle-ci ne couvre plus que 17,3 % de ses dépenses, contre 31,5 % en 2002. Le nombre de bénéficiaires par mille habitants (20,3), lui, reste deux fois supérieur à la moyenne wallonne.

chiffres en vrac

1 %

La part du budget réservée à la culture dans cette ville pourtant candidate au titre de Capitale européenne de la culture 2015. Sur un total de 13 millions, 12 sont subventionnés.

33 %

La part de la « dimension sociale », soit 71 millions d’euros (dont 64 millions de budget du CPAS).

9 millions

par an pour la propreté. C’est 6 % des dépenses totales et presque un tiers des budgets de la police et du service incendie réunis (25 millions).

107,5 millions

Le coût total des 20 projets européens du plan Convergence, dont 10 % à charge de la Ville.

Pas de résultats.