Bruxelles : la station d’épuration refonctionne en partie

n.c.

Jeudi 17 décembre 2009

Aquiris, l’exploitant de la station d’épuration nord de Bruxelles, confirme que celle-ci fonctionne à nouveau partiellement, après plusieurs jours d’arrêt complet. La ministre de l’Environnement, Evelyne Huytebroeck, a admis avoir mal communiqué dans ce dossier, tout en pointant la responsabilité d’Aquiris.

Concrètement, a précisé Aquiris jeudi soir, trois pompes ont été louées provisoirement pour transférer les eaux d’un premier collecteur (sur trois) vers la station. Les eaux d’un second collecteur seront également transférées dans les 4 prochains jours et une dizaine de jours seront nécessaires pour transférer les eaux du troisième et dernier collecteur encore à déblayer.

L’administrateur délégué d’Aquiris, Charles Lénès, a répété que, selon lui, la station ne pouvait tout simplement plus fonctionner en raison du nombre de déchets de construction amassés dans les 3 collecteurs et qui ont mis les vannes de sécurité de la station hors service.

Ces déchets doivent d’abord être évacués. Ensuite, il va falloir tout mettre en oeuvre pour éviter que des déchets supplémentaires n’arrivent dans les collecteurs, a-t-il ajouté.

Les 3 pompes, louées aux Pays-Bas, et installées jeudi dans le premier collecteur, permettent de transférer 1.800 mètres cubes d’eau par heure vers la station.

C’est au niveau du collecteur Woluwé-Haren (30 % des apports des eaux entrantes dans la station) que le traitement de dépollution des eaux démarrera jeudi soir, a précisé Aquiris.

Enfin, Aquiris a demandé à la SBGE de procéder à une inspection des collecteurs en amont de ses installations et d’évacuer les dépôts de matériaux solides.

La ministre sous tension

La ministre bruxelloise de l’Environnement Evelyne Huytebroeck, a admis jeudi avoir failli dans la communication. Pour elle, la responsabilité de l’exploitant, Aquiris, est engagée dans les conséquences de l’arrêt des installations. La question de la confiance à son égard pourrait être posée.

La ministre s’est engagée à ne pas repartir à Copenhague tant que la station n’aura pas été remise en service, ce qui pourrait se produire, d’après elle, dans les prochaines heures ce jeudi ou dans la nuit de jeudi à vendredi.

« Il ne s’agit nullement d’un conflit communautaire mais d’un conflit purement écologique. La réaction de la Flandre est légitime et c’est un FDF qui vous le dit », a dit d’emblée, le chef de file de l’opposition MR Didier Gosuin, ouvrant le bal des nombreuses interpellations adressées à la ministre en commission de l’Environnement du parlement bruxellois convoquée d’urgence. Celui-ci a rappelé que la ministre avait été la seule responsable politique du dossier pendant 5 ans et demi.

Comme plusieurs autres députés, notamment néerlandophones, le chef du groupe MR a estimé que la ministre avait commis une « faute politique grave » pour ne pas être venue s’expliquer plus tôt au parlement.

Les nombreuses questions ont porté sur le conflit entre la Région et Aquiris, sur les informations données par la ministre, sur l’attitude des représentants du gouvernement au CA d’Aquiris, sur la nature des dysfonctionnements de la station ou encore sur l’impact écologique.

La Flandre ne paiera ses factures qu’en fonction des mesures

La Flandre ne paiera plus à l’avenir ses factures que si l’exploitant Actiris rapporte au jour le jour le résultat de ses mesures à l’administration flamande, a annoncé le ministre-président flamand Kris Peeters devant le parlement régional. Actuellement, la Flandre supporte 16 % des frais.

Dans les travées du parlement, les critiques allaient bon train à l’égard d’Aquiris et de la ministre bruxelloise de l’Environnement Evelyne Huytebroeck (Ecolo), ainsi qu’à l’égard de Groen !, le parti écologiste flamand qui est dans la majorité au parlement bruxellois mais dans l’opposition au parlement flamand. Les députés flamands CD&V ont été les plus critiques envers Groen !, qui se doit selon eux de réclamer la démission de Mme Huytebroeck. « Vous avez donné des leçons pendant des années, culpabilisé les gens, mais vous défendez la ministre Huytebroeck », a lancé Carl Decaluwé (CD&V). « Vous n’avez plus de raisons d’exister », a tranché Eric Van Rompuy (CD&V).

Mieke Vogels (Groen !) a répondu que son parti interviendrait clairement et de manière tranchée au parlement bruxellois pour réclamer d’établir les responsabilités. Il importe surtout que ce problème ne se pose plus à l’avenir, sous quelque ministre que ce soit, a-t-elle estimé.

Les Bruxellois solidaires de la Flandre

La station d’épuration nord de Bruxelles doit redémarrer au plus vite. Le contentieux juridique avec l’exploitant, c’est pour plus tard, a affirmé jeudi le ministre-président bruxellois Charles Picqué, interrogé au sujet du dossier de l’arrêt de la station.

Le ministre-président a par ailleurs adressé un courrier à son homologue flamand Kris Peeters regrettant, au nom de la Région bruxelloise, les conséquences catastrophiques de l’arrêt de la station d’épuration sur l’environnement.

« Nous sommes solidaires avec tous les habitants de Flandre dans ce dossier », a-t-il ajouté, soulignant que les « responsables » devraient « être jugés » et des « dédommagements payés ».

« Le plus urgent est de faire redémarrer la station le plus vite possible. Le contentieux juridique, ce sera pour plus tard », a-t-il commenté, interrogé par ailleurs.

Selon lui, la ministre Huytebroeck n’a sans doute pas transmis les informations en sa possession assez vite. Le gouvernement bruxellois réuni jeudi s’est surtout penché sur le fond du dossier pour tenter comprendre pourquoi la station avait été mise à l’arrêt et pourquoi si longtemps.

Aux yeux du ministre-président bruxellois, il faudra chercher à établir le degré de responsabilité du consortium Aquiris-Veolia qui « n’a pas été soucieux de l’intérêt général ».

Charles Picqué a également souhaité que les leçons soient tirées en matière de délégation de missions d’intérêt général à des entreprises privées, à la lumière de l’incapacité d’intervention dans laquelle la Région bruxelloise a été placée face à l’arrêt de l’épuration des eaux usées de la capitale.

(belga)

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