Copenhague sur senne
DELVAUX,BEATRICE
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Jeudi 17 décembre 2009
La fermeture de cette station est un injustifiable attentat environnemental, commis par Aquiris, filiale de la société française Veolia et dont la ministre est en fait une des victimes. A l’époque où la responsabilité verte est sur toutes les lèvres et figure en tête du rapport annuel et des discours des patrons d’Aquiris-Veolia, cette fermeture unilatérale d’une station d’épuration, avec toutes les répercussions sur l’écosystème qu’elle postule, est honteux. Aquiris devra en assumer la facture.
Mais la responsabilité de la ministre bruxelloise n’est pour autant pas dégagée. Primo, elle se devait de rester à Bruxelles pour gérer en première ligne cette crise d’autant plus délicate qu’elle met à mal des relations déjà difficiles entre Bruxelles et la Flandre. Discourir à Copenhague, comme ministre… écolo, alors que le Rupel prend des allures d’égout, peut vite paraître insultant pour qui pêche des préservatifs usagés en guise d’anguille.
Secundo, se retrancher derrière la « méchanceté » d’Aquiris pour justifier une forme d’impuissance est peu recevable. La puissance publique a précisément pour rôle de protéger le citoyen des déviances du secteur privé.
La Région bruxelloise a des raisons de s’opposer aux exigences financières d’Aquiris. Mais elle se devait d’éviter que le prix de ce conflit ne soit payé in fine que par le citoyen.
Il y aura beaucoup à faire pour réparer cet accident environnemental. Mais ici, sur le terrain, pas à Copenhague. Car il faut désormais démontrer que la priorité environnementale, c’est du concret. Pas du blabla pour hémicycles internationaux.
