Les Belges au perchoir à Copenhague
n.c.
Vendredi 18 décembre 2009
Yves Leterme n’a pas exclu que l’Union européenne opte pour une réduction de ses émissions de CO2 de 30 pc en 2020. Paul Magnette a lancé une mise en garde contre l’échec du sommet.
Il n’est pas exclu que l’Union européenne opte pour une réduction de ses émissions de CO2 de 30 pc en 2020, au lieu de 20 pc, a indiqué vendredi le premier ministre Yves Leterme au sommet de l’Onu de Copenhague.
L’Union européenne a promis jusqu’à présent de réduire ses émissions de 20 pc, tout en se disant prête à aller plus loin si d’autres pays faisaient eux aussi des efforts.
“La Chine et les Etats-Unis sont quelque peu en train de bouger”, dit constater Yves Leterme. Le cas échéant, le premier ministre reprendra contact avec les partenaires du gouvernement fédéral et les régions.
Selon M. Leterme, un consensus se dégagerait peu à peu sur “un financement structurel” de mesures environnementales pour les pays en développement. A l’horizon 2020, il serait question de 70 milliards d’euros par an. Les Etats-Unis et l’Europe conditionneraient cela à une transparence des mouvements financiers et un contrôle international des investissements.
Dans la nuit de jeudi à vendredi, le ministre fédéral du Climat, Paul Magnette, s’est exprimé au nom de la Belgique devant les participants au Sommet. Il a mis en garde contre un échec de celui-ci.
“Personne dans le monde ne pourrait comprendre un échec. Personne ne pourrait comprendre que nous avons négocié pendant deux ans, que nous avons réuni ici, à Copenhague, une centaine de chefs d’Etat et de gouvernement, des centaines de ministres, des milliers d’experts et de diplomates, et que tous nos efforts ont abouti à une impasse”, a-t-il averti.
Selon lui, trop de temps a été perdu à chercher des coupables et dans des débats de procédure. Chaque heure et chaque minute doit être consacrée maintenant à rapprocher les points de vue à une journée de la fin du sommet, a-t-il demandé.
M. Magnette a appelé les participants à se calquer sur les résultats du GIEC, ce qui suppose d’atteindre le pic d’émission de gaz à effet de serre en 2020 et une réduction d’ici 2050 de ces émissions d’au moins 50 pc comparé à leur niveau de 1990. Il a également rappelé la position belge et européenne. L’engagement unilatéral a déjà été pris de réduire ces émissions de 20 pc d’ici 2020.
“Aujourd’hui, nous sommes prêts à passer à 30 pc pour autant que chacun propose des engagements comparables et des actions adéquates”, a-t-il ajouté. Selon lui, l’Union européenne ne peut être la seule à se fixer un objectif à la hauteur du défi.
De son côté, le ministre wallon de l’Environnement Philippe Henry s’est dit, vendredi en début d’après-midi, “catastrophé” de l’évolution du sommet, constatant que “rien de vraiment ambitieux” ne semble se dégager et que les perspectives sont “très faibles”. Le “blocage psychologique” entre les pays en développement et les pays industrialisés qui souhaitent un texte contraignant reste important.
Le ministre wallon veut toutefois croire encore en un élément déclencheur dans les prochaines heures, qui permettrait de conclure non pas un texte abouti, désormais impossible, mais du moins un engagement “fort” à mettre au point par la suite.
(D’après Belga)
