Le trafic des Eurostar suspendu ce lundi
n.c.
Lundi 21 décembre 2009
Le trafic des trains de passagers Eurostar reliant la Grande-Bretagne à l’Europe continentale restera suspendu lundi, a annoncé la compagnie, après une série de pannes survenues sur ses trains en raison des intempéries. Eurostar a commandé l’ouverture immédiate d’une enquête, confiée à un tandem d’experts indépendants.
Le trafic des trains Eurostar avec la Grande-Bretagne restera suspendu « jusqu’à ce que l’on comprenne parfaitement » les raisons de la panne qui a bloqué plusieurs trains et plus de 2.000 passagers pendant plusieurs heures dans le tunnel sous la Manche, a déclaré dimanche le directeur général de l’entreprise, Richard Brown, cible de nombreuses critiques.
Vendredi soir, en pleine vague de froid, cinq rames sont tombées en panne dans le tunnel. Il a fallu plusieurs heures pour évacuer les passagers, nombreux à se plaindre d’un manque d’informations d’Eurostar et d’une totale désorganisation. L’eurodéputé français Dominique Baudis, passager d’un de ces TGV pris au piège, réclame une enquête, tandis que son collègue britannique Nirj Deva a demandé la démission de M. Brown.
Après de nouvelles tentatives samedi pour faire circuler des trains entre Londres et Paris -qui se sont soldées par la panne d’une nouvelle rame au sortir du tunnel- le trafic a de nouveau été suspendu. Aucun Eurostar n’a circulé dimanche et le trafic ne reprendra pas tant que les raisons de la panne n’ont pas été « parfaitement » déterminées, a déclaré Richard Brown dimanche matin à la BBC.
Un porte-parole d’Eurostar en Grande-Bretagne, Bram Smets, a fait état dans un premier temps d’une différence de températures entre l’extérieur glacial et l’air plus chaud à l’intérieur du tunnel, provoquant une condensation dangereuse pour les moteurs électriques des rames à grande vitesse. Le directeur général de l’exploitation d’Eurostar, Nicolas Petrovic, s’est par la suite montré moins catégorique, admettant qu’on « ne comprend pas » pour le moment la raison de ces avaries.
« Nous ne reprendrons pas les services » entre Paris, Londres et Bruxelles « tant que nous ne sommes pas certains de le faire en sécurité. Nous voulons comprendre (les raisons de) cette panne sans précédent », a assuré Richard Brown. Des rames d’essais devaient circuler à vide dans la journée.
M. Brown a admis qu’il a fallu « trop de temps » pour évacuer les passagers des trains restés dans le tunnel, tout en défendant son personnel, critiqué pour son manque de réaction. « Je ne dis pas que les choses se sont bien passées, je dis qu’elles se sont plutôt mieux passées finalement que ce que beaucoup de gens disent », a-t-il affirmé. Des passagers ont cependant témoigné avoir été bloqués pendant des heures dans l’obscurité, le froid, sans eau, nourriture, ni informations.
Eurostar a fait la preuve de son manque de préparation et Richard Brown doit en tirer les conséquences « convenables » en présentant sa démission, a estimé l’eurodéputé britannique Nirj Deva, cité par la BBC.
Pour son collègue européen Dominique Baudis, qui s’exprimait dimanche sur France Info, « Eurostar, Eurotunnel se sont mis dans une situation de non assistance à personne en danger, ce qui exige une enquête et des mesures pour qu’une telle situation ne puisse pas se reproduire ».
Dans un communiqué diffusé sur son site Internet, Eurostar assure mettre « tout en oeuvre pour que (les) services reprennent normalement dès que possible, mais la sécurité et le confort (des) passagers est évidemment prioritaire ». La compagnie recommande aux personnes « qui devaient voyager aujourd’hui (dimanche) ou dans les prochains jours de modifier leur voyage pour une date ultérieure ou de se faire rembourser ».
« Nous confirmons qu’à titre de dédommagement pour les passagers ayant subi de fortes perturbations dans leur voyage » vendredi et samedi, Eurostar « offre, en plus du remboursement de leur billet, un billet gratuit aller-retour et 150 livres sterling, ou l’équivalent en euros ». D’après les estimations de la compagnie, quelque 31.000 passagers en Grande-Bretagne, en France et en Belgique ont dû annuler leur déplacement par Eurostar prévus samedi, et 26.000 autres dimanche.
(avec Belga et AP)
