Comment se remettre du fiascopenhague ?
DE MUELENAERE,MICHEL
Lundi 21 décembre 2009
Le sommet de Copenhague se termine sur un quintuple échec. Alors ? Désespérer ? Déprimer ? Ou se réjouir que la bête bouge encore ? Acceptons de faire confiance à ce fifrelin positif : on continuera, donc, à négocier.
Le sommet de Copenhague se termine sur un quintuple échec. Echec pour le climat : car on sait que, pour limiter la surchauffe de notre planète, des efforts considérables s’imposent pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Il faut les diminuer de moitié d’ici 2050, disent les scientifiques. A Copenhague, on s’est entendu sur un principe vague. Sans plus. Aucune perspective ni à court ni à long terme. Même pas l’engagement de faire mieux et plus solide en 2010. Echec pour les pays les plus pauvres. Et ceux qui, comme les îles du Pacifique, sont les plus exposés à la hausse du niveau des mers. Ces Etats recevront de l’argent des pays riches afin de parer au plus pressé. Mais, à long terme, rien n’est garanti. Et rien ne dit que cet argent ne sera pas issu du « recyclage » sous une étiquette verte, des budgets de la Coopération au développement.
Echec pour les Européens qui ont fait piètre figure, soumis au directoire de plus grands ou plus finauds qu’eux, résultat de leurs divisions internes et de leur manque d’ambition. Echec pour les Nations unies, temple de la démocratie, dont le processus est apparu inadapté aux enjeux. Enlisées dans la pagaille, elles se sont résolues à laisser parler les « grands » et leurs intérêts économiques. Echec pour la société civile. La communauté des scientifiques n’a pas été écoutée, minée par un pseudo-scandale, évidemment téléguidé. Les organisations militantes qui se sont exprimées et ont mobilisé comme rarement, rappelant les enjeux humains du réchauffement, ont, elles, été – physiquement et politiquement – confinées en marge des discussions.
Alors ? Désespérer ? Déprimer ? Ou se réjouir que la bête bouge encore ? Acceptons de faire confiance à ce fifrelin positif : on continuera, donc, à négocier. En attendant ? Invitons les politiques, subitement très intéressés ces derniers jours par la médiatisation de l’enjeu climatique, à faire preuve de cohérence à leur retour en Belgique. Proposons aux entreprises d’oser plutôt que de se braquer sur les contraintes. Suggérons à l’homme de la rue de s’interroger sur ses choix de vie et de consommation. Entre nous, le monde a-t-il d’autres choix ?
