freud, au secours, la belgique n’existe plus...

MOUTON,OLIVIER

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Mercredi 23 décembre 2009

Une analyse de l’inconscient du peuple belge en témoignerait : la question communautaire occupe une place importante de notre psyché collective. Il n’est pratiquement pas une décision, un débat public qui n’ait été marqué par une confrontation entre le Nord et le Sud.

Ces derniers temps encore, les exemples se sont multipliés. Joëlle Milquet, ministre fédérale de l’Emploi, prépare un plan pour soutenir l’emploi des jeunes ? Le gouvernement flamand déplore qu’il ne tienne pas assez compte des enjeux nordistes. Le gouvernement flamand décide de reprendre la compétence de l’inspection scolaire ? Les francophones hurlent à la flamandisation de la périphérie. Les nouvelles prisons, la pollution de la Senne… tout, tout, tout devient sujet à dérapage communautaire plus ou moins sérieux – même si nous ne sommes plus dans le terrible blocage de l’été 2007.

Depuis la sortie rattachiste du député socialiste Claude Eerdekens au parlement – c’était en 1996, déjà… –, l’évocation d’une séparation du pays n’est plus un tabou. C’est même devenu pour certains une forme de souhait non formulé. Mais cela reste une aventure que la majorité de la population rejette.

La Flanders House, cette maison vantant les mérites touristiques de la Flandre aux Etats-Unis, vient pourtant de concrétiser sur papier l’éclatement du pays.

Son carton d’invitation à une conférence de tour-opérateurs niant l’existence de la Wallonie est une provocation communautaire de plus tout autant qu’une insulte à la réalité géographique. Le ministre flamand du Tourisme, Geert Bourgeois, jure ses grands dieux qu’il s’agit d’une erreur de production. Qu’il n’y a là aucun agenda caché. Mais les représentants wallons à New York n’y croient rien. Ce n’est pas la première fois, en effet, que nos amis flamands travestissent des cartes pour promouvoir – transcender ? – leur imaginaire. Et le parti de M. Bourgeois, la N-VA, n’est jamais en reste d’une musculation nationaliste.

À force de se jeter des anathèmes à la figure et de crisper le dialogue, la Belgique n’existe déjà plus dans l’esprit de certains. Freud le comprendrait peut-être. Mais que de dégâts cela occasionne pour l’image de notre pays à l’étranger…

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