C’est le marchand de poil à gratter qui passe...
STIERS,DIDIER; CAUWE,LUCIE
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Mercredi 30 décembre 2009
Producteur et réalisateur, le farceur Spike Jonze a gardé le goût des projets décalés, voire casse-gueule. Comme « Max et les maximonstres ».
Né dans le Maryland en 69, ex-époux de Sofia Coppola et Adam Spiegel de son vrai nom, Spike est du genre gamin. Mais pas question de faire de Max et les maximonstres un film pour enfants : « Je voulais juste réaliser un film à propos de l’enfance », résume celui qui a débuté dans la vie active au comptoir d’un magasin de cycles et de skates.
L’adepte de la planche à roulettes photographie assidûment ses congénères, (co)fonde deux magazines pour grands ados puis devient clippeur. Sonic Youth, Weezer et les Beastie Boys comptent parmi ses clients réguliers. Björk lui doit la vidéo de It’s oh so quiet, Daft Punk celle de Da funk… Son humour et son ironie se traduisent en clins d’œil à Starsky et Hutch dans Sabotage, pour les mêmes Beastie Boys. Sur MTV, il collabore à l’accouchement de Jackass. Spike monte aussi un vrai faux groupe de danse pour Praise you de Fatboy Slim et reçoit le trophée que lui décerne la chaîne musicale sous le pseudo de Richard Koufey. Rien d’étonnant à ce qu’il truffe sa bio et ses rares interviews d’infos fantaisistes ! Incarnation de l’artiste contemporain pour les uns, représentant d’une sous-culture pour les autres, il fait de temps en temps l’acteur, comme dans Three kings, aux côtés de Clooney. Il est également le créateur, avec Chris Cunningham et Michel Gondry, d’une série de DVD intitulée The directors label. La première lui est consacrée. Sur la jaquette : un type en feu court le long d’un trottoir. Max et les maximonstres est donc son
troisième long, après Dans la peau de John Malkovich, écrit par Charlie Kaufman, et Adaptation, qui retrace les déboires dudit Kaufman, chargé d’adapter un roman intitulé Le voleur d’orchidées. Être décalé n’empêche pas de se trouver plein d’amis. Pour avoir relu les versions du scénario de Max ou juste filé des conseils, Spike en remercie quelques-uns : Brad Pitt, Steven Soderbergh, David Fincher… Côté musique, les Canadiens d’Arcade Fire ou Squeak E. Clean, initiateur du projet collaboratif Nasa. Squeak n’est autre que Sam. Son frangin. Chez les Spiegel, le décalage est familial !
« Max et les maximonstres », album culte pour enfants
S’il n’y avait qu’un album pour enfants à emporter sur une île déserte, la toute grande majorité des amateurs de littérature de jeunesse choisirait Max et les Maximonstres, chef-d’œuvre inégalé de Maurice Sendak. Sorti en 1963 aux Etats-Unis, traduit en français dès 1965 chez Delpire, le livre a été repris en 1967 par L’école des loisirs, qui l’a constamment réimprimé vu la demande.
Il fallait l’immense talent de Maurice Sendak pour mettre en scène avec un minimum de mots et un maximum d’images les tourments que ressent un enfant face à ses pulsions, ces débordements d’énergie qui le dépassent et le laissent désemparé. Après avoir enfilé son costume de loup et aligné les bêtises, Max est envoyé dans sa chambre sans manger. La pièce se transforme et Max part en bateau. Il arrive dans une île peuplée non de monstres, mais de maximonstres, dont il devient le roi. Jusqu’au jour où il ressent l’envie de rentrer. A noter, la taille des illustrations qui grandissent de page en page pour diminuer une fois les tourments de Max apaisés, et son retour, apaisé, à la maison où l’attend un dîner « tout chaud ».
