NE PAS TOMBER DANS LE PIÈGE D’Al-Qaïda AU Yémen
LOOS,BAUDOUIN
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Mardi 5 janvier 2010
Le terroriste, un Nigérian de 23 ans, a séjourné récemment au Yémen. L’administration de Barack Obama, cible de l’opposition républicaine qui parle de légèreté et d’incompétence, étudie les moyens de lutter contre la mouvance Al-Qaïda (qui a revendiqué l’attentat manqué) dans ce pays déshérité du sud de la péninsule arabique.
En réalité, dès avant Noël, les Américains avaient entrepris de combattre Al-Qaïda sur ce terrain montagneux : deux attaques aux missiles de croisière contre des camps d’entraînement terroristes allégués avaient tué une centaine de personnes les 17 et 24 décembre au Yémen, fauchant nombre de civils en même temps que des dizaines d’activistes.
Le danger auquel l’administration Obama fait face est celui de l’enlisement dans un nouveau front. Après les sanglants bourbiers afghan et irakien, pour ne rien dire du Pakistan, l’implication massive des Américains au Yémen constituerait une victoire incontestable pour Al-Qaïda, qui y trouverait un adjuvant bienvenu pour rallier autour de ses thèses radicales un nombre grandissant de militants. Surtout si, comme dans les exemples précités, d’amples « dégâts collatéraux » (des pertes civiles) viennent attiser la colère des populations.
Par prudence et malgré le risque pourtant réel d’impopularité, le régime yéménite, une république à bout de souffle minée par la corruption, l’incompétence, le tribalisme et les séditions, a choisi de collaborer avec Washington depuis le 11 Septembre 2001. Mais le pays, l’un des plus pauvres du monde, a été négligé par la communauté internationale. Sur le long terme, celle-ci serait bien avisée de lui proposer une aide tangible à des réformes démocratiques et économiques.
