LETERME-PEETERS, LE JEU DE Rôle habituel DU CD&V

VANOVERBEKE,DIRK

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Samedi 9 janvier 2010

Alors que le Premier ministre tirait, lundi, pour sa rentrée, le frein à main institutionnel, le chef de l’exécutif flamand décide, lui, ce week-end, d’enclencher le turbo. Et de revendiquer, à grand renfort d’interviews dans la presse du Nord du pays (et dans Le Soir), une profonde réforme institutionnelle, un « New Deal » pour la Belgique.

Le CD&V et ses chefs de gouvernement renouent ainsi avec leur vieille tradition du jeu de rôle. Le Premier, Yves Leterme, le locataire du 16, endosse le costume du nouveau « Belgicain » et plaide désormais pour un fédéralisme de collaboration entre entités fédérées pour sortir, main dans la main, du tunnel de la crise. Le chef du Vlaamse regering joue son rôle à lui, celui du Flamand pur sucre, jurant que les mauvais vents conjoncturels ne perturberont jamais sa révolution copernicienne. Celle qui place les entités fédérées au centre, en satellisant l’étage fédéral.

Ces duos CD&V, doubles faces de notre politique – le « bon » belge et le « bon » flamand – sont légendaires : Wilfried Martens a joué ce jeu-là avec Gaston Geens. Jean-Luc Dehaene l’a joué avec Luc Van den Brande. Leterme le joue avec Peeters.

On rappellera, détail piquant, que le Premier ministre a autrefois lui-même joué le rôle de l’aiguillon, du « bon » flamand, quand il présidait le gouvernement flamand. Le voilà de l’autre côté du miroir. Il pensait à l’époque tout régler – BHV et la réforme de l’Etat. Yves Leterme s’est cassé les dents.

Kris Peeters, coprésident du dialogue de communauté à communauté, a lui aussi piteusement échoué. Et il se dit prêt, aujourd’hui, à tenter un nouvel essai.

Kris Peeters n’est pas un naïf : il sait qu’il n’y aura pas de réforme de l’Etat. Et que le communautaire sera l’enjeu majeur du prochain scrutin.

Alors : pourquoi cette soudaine sortie ? D’abord pour calmer ses troupes et, en particulier, les nationalistes flamands qui n’attendent qu’un nouvel enterrement de la réforme de l’Etat pour grandir – encore – lors du scrutin de 2011. Ensuite pour désigner le futur responsable du fiasco : les francophones, qui en refusant de négocier, empêchent la Flandre de disposer des compétences indispensables à son redéploiement industriel.

Pas de résultats.