La guerre des taxis n’aura pas lieu

GUTIERREZ,RICARDO

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Mardi 12 janvier 2010

Liège Trop de taximans ? Le bourgmestre va plaider leur cause à la Région

Supprimer un taxi sur quatre, à Liège ? C’est le sort que réserve théoriquement à la ville le nouveau décret wallon sur les taxis. Le texte établit un quota de maximum d’un véhicule par tranche de 2.500 habitants. Sur cette base, Liège ne pourrait compter que 78 taxis, alors qu’elle en autorise actuellement 107. Pas de panique, chez les taximans : le bourgmestre Willy Demeyer (PS) est disposé, dit-il, à introduire à la Région wallonne la demande de dérogation qui permettrait à la ville de conserver ses 107 taxis.

C’est un décret de l’ex-ministre wallon des Transports, André Antoine (CDH), qui limite, depuis septembre 2009, le nombre de taxis autorisés dans une commune, au gré des renouvellements d’autorisations : pas plus d’un véhicule pour 2.500 habitants… Seuil très inférieur à la moyenne régionale, puisque la Wallonie compte actuellement 750 taxis, soit une voiture pour 4.600 habitants.

C’est dans les grandes agglomérations que la limite pose problème. S’il fallait l’appliquer strictement, Liège devrait supprimer plus d’un taxi sur quatre… Il n’en sera rien : le décret wallon sur les taxis permet d’obtenir une dérogation à condition de prouver, d’abord, l’adéquation entre l’offre actuelle et la demande, et ensuite les circonstances qui justifient « un trafic exceptionnel de manière permanente ». Liège peut ainsi avancer la présence d’une importante gare, de sites touristiques, du port autonome, etc.

« Les autorités se sont engagées à demander cette dérogation, commente Carine Boonen, administrateur délégué de la coopérative Liège Tax. Mais j’ai tout de même tenu à introduire un recours au Conseil d’État contre le nouveau décret, dont plusieurs dispositions nous compliquent la tâche. Exemple : les autorisations d’exploiter ne sont plus délivrées que pour cinq ans, contre dix ans précédemment ».

« Le décret a du bon, nuance Armand Zambon, vice-président de l’Union wallonne des entreprises de taxis. Il fallait instaurer des limites à la multiplication des demandes d’autorisation dans les communes de la périphérie des grandes agglomérations, d’où certains exercent en bénéficiant d’une fiscalité locale plus favorable. Les nouvelles règles sont l’opportunité de mettre de l’ordre. Quitte à réduire l’effectif de taxis pour relever le chiffre d’affaires moyen. Encore faut-il établir les critères objectifs justifiant cette limitation ».

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