Reconstruire enfin Haïti en mieux

KIESEL,VERONIQUE

Jeudi 14 janvier 2010

Au fil des décennies, coups d’Etat, élections, espoirs, déceptions se sont succédé, lassant les donateurs internationaux. Sera-t-il possible cette fois-ci de reconstruire enfin Haïti en mieux ? Par Véronique Kiesel

Il y a quinze ans, pratiquement jour pour jour, un tremblement de terre de magnitude 7,3 avec des secousses verticales particulièrement brutales, détruisait en partie la ville japonaise de Kobe. C’était le 17 janvier 1995. Dans les heures qui suivirent, les autorités japonaises publiaient un bilan très précis du nombre de victimes qui se stabilisa à 6.437 morts. Depuis ce drame, le Japon a appliqué à toutes les constructions de très sévères normes de résistance aux séismes.

Ce 12 janvier 2010, la capitale d’Haïti, Port-au-Prince, a subi le même type de tremblement de terre. Mais Haïti n’est pas le Japon, c’en est même pratiquement l’antithèse. Face à l’ultra-sophistication des technologies, misère et débrouille. Vingt-quatre heures après le séisme, aucun bilan n’est disponible. L’électricité est coupée, les communications téléphoniques aussi, les routes barrées par des bâtiments effondrés : la coordination des secours est extraordinairement compliquée. Le désastre est total.

Déjà quand « tout va bien en Haïti », entre un ouragan et des coulées de boue, la vie y est chaotique. Et, pour beaucoup, il faut plutôt parler de survie dans ce qui est le pays le plus pauvre, et de loin, des Amériques.

On est tenté de parler de malédiction à propos des fléaux qui ne cessent de s’abattre sur cette petite île, qui n’a pas le temps de se relever entre deux catastrophes. Et l’absence d’un véritable Etat, d’institutions solides, amplifie à chaque fois l’ampleur des dégâts. Face aux images terribles de ces citoyens haïtiens coincés sous les décombres de leurs pauvres maisons construites avec rien, le monde entier réagit, s’organise. La mobilisation humanitaire internationale sera sans nul doute à la hauteur de cette catastrophe.

Mais ce qu’il faudra, une fois l’émotion retombée en même temps que les poussières des gravats, c’est ne pas laisser tomber Haïti. Certes, au fil des décennies, coups d’Etat, élections, espoirs, déceptions se sont succédé, lassant les donateurs internationaux. Sera-t-il possible cette fois-ci de reconstruire enfin Haïti en mieux ?

Pas de résultats.