Le Wiels en grande difficulté financière

LAMQUIN,VERONIQUE

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Vendredi 15 janvier 2010

Arts plastiques

Il nous reste deux options : fermer ou introduire une action en Justice contre l’Etat fédéral et/ou la Région bruxelloise. » Dirk Snauwaert, directeur du Wiels, ne cachait pas son mécontentement, jeudi soir. Le patron du centre d’art contemporain, installé dans les anciennes brasseries Wielemans à Forest (Bruxelles), venait d’apprendre que la Région bruxelloise ne l’aiderait pas à boucler son budget.

Pour rappel, ce dernier présente un trou de 2,725 millions. Ce montant, c’est celui de la facture des aménagements intérieurs (chauffage, électricité...) réalisés en 2007 dans le bâtiment. Elle devait être honorée, en 2008 et 2009, par les crédits Beliris – de l’argent fédéral subsidiant des projets à Bruxelles. Le 23 octobre 2008, l’inspection fédérale des Finances a toutefois émis un avis négatif, estimant que le dossier violait la loi sur les marchés publics – l’un des membres de la structure dirigeante du Wiels était par ailleurs actif dans des sociétés ayant participé aux travaux. Le Wiels se défend, arguant de son statut d’ASBL, non soumise aux marchés publics. Pour l’inspection des finances, il s’agit d’une association exerçant une mission de service public dans un bâtiment public, ce qui impose de respecter les procédures de marchés publics.

On en est là. Et, ce jeudi après-midi, Charles Picqué, ministre-président bruxellois (PS), interpellé au Parlement bruxellois, a ruiné les espoirs du Wiels. « Je ne peux pas m’engager à ce que la Région trouve une solution. Du reste, le seul interlocuteur valable, c’est l’Etat fédéral. Mais surtout, le soutien à un acteur culturel important ne doit pas aboutir à passer outre les règles légales relatives à l’utilisation de l’argent public. »

A moins que le Wiels arrive à convaincre de sa bonne foi les gestionnaires de Beliris – la présidente en est Laurette Onkelinx – on en revient donc aux deux pistes évoquées par Dirk Snauwaert. Car ce ne sont pas les subsides octroyés par les autres niveaux de pouvoir qui permettront au Wiels d’honorer ses factures. La Communauté flamande versera, en 2010, 585.000 euros. Peut-elle faire un geste supplémentaire ? « No comment », oppose-t-on chez Joke Schauvliege (CD&V).

La Communauté française apportera, cette année, 38.000 euros et, sous réserve que la Loterie nationale verse les crédits attendus, 50.000 à 60.000 euros complémentaires. « Et nous ne pouvons faire plus », explique le porte-parole de Fadila Laanan (PS). « Il est impossible que des gouvernements laissent tomber un projet fiable, se désole Dirk Snauwaert. Je ne comprends pas. »

Pas de résultats.