Temps de travail des médecins : Milquet ouverte à la discussion
n.c.
Mardi 19 janvier 2010
La ministre de l’Emploi Joëlle Milquet a appelé les représentants des médecins en formation à reprendre au plus vite les discussions s’ils estiment, comme ils l’ont dit lundi, que le projet de loi visant à limiter le temps de travail des médecins n’est pas acceptable.
Les médecins en formations de l’UCL et de l’ULB ainsi que la Fédération des étudiants francophones avaient déclaré lundi que ce projet de loi, actuellement en discussion, ne pourra empêcher des débordements horaires dangereux.
Joëlle Milquet s’est dite surprise de cette réaction, alors que ce débat avait fait l’objet de rencontres et négociations et qu’une piste de compromis avait été « trouvée et acceptée », notamment par les médecins en formation.
« Si tel n’est plus apparemment le cas, il est évident que cela change la donne et que, dès lors, les discussions doivent reprendre au plus vite entre les différents acteurs concernés », commente la ministre dans un communiqué.
Le but du projet de loi en discussion au sein du gouvernement vise en effet à renforcer la protection des médecins et notamment des médecins en formation et à diminuer le nombre d’heures de travail et de garde, observe-t-elle.
Il prévoit dans son état actuel une limite horaire de 48 heures en moyenne par semaine sur une période de référence, ainsi que la possibilité de ne prester 12 heures complémentaires par semaine, principalement pour couvrir le temps des gardes passives ou actives. Ces 12 heures additionnelles doivent être rémunérées.
Le texte prévoit aussi d’instaurer une obligation de prendre un intervalle de repos de 12 heures après une période de travail minimale de 12 heures de prestation. Ces règles seront soumises au contrôle des inspecteurs du travail, ce qui n’était pas le cas jusqu’ici.
Le projet de loi actuellement en discussion et visant à limiter le temps de travail des médecins ne pourra empêcher des débordements horaires dangereux, indiquent lundi dans un communiqué les membres du GALUC (médecins en formation de l’UCL), de l’AMIF (médecins en formation de l’ULB) et de la Fédération des Etudiants Francophones.
Or, l’Europe exige qu’un médecin ne travaille en moyenne pas plus de 48 heures par semaine.
Dans le cadre du débat concernant cette future loi, « les politiciens et les gestionnaires d’hôpitaux proposent une solution devenue monnaie courante : exiger l’inhumain de la part des jeunes médecins », sans mesurer le danger pour les patients, précisent les membres du GALUC (médecins en formation de l’UCL), de l’AMIF (médecins en formation de l’ULB) et de la Fédération des Etudiants Francophones.
Selon eux, un médecin travaille aujourd’hui, en moyenne, 60 à 65 heures par semaine. Certains font exploser le compteur, en totalisant plus de 100 heures de travail hebdomadaire.
« Le nouveau texte de loi ne changera pas la donne. Il est même vicieux. Car, au final, il laissera les médecins continuer dans le rythme fou qui leur est imposé. » Et les jeunes médecins d’ajouter, d’après leurs calculs, que « certains médecins vous ‘soigneront’ avec, dans les bottes, 77 heures de travail ».
En effet, un médecin pourra travailler jusqu’à 65 heures par semaine si, dans un laps de temps de 13 semaines, il atteint une moyenne de travail hebdomadaire de 48 heures. En outre, le médecin pourra signer, avec son contrat, une annexe l’autorisant à travailler 12h de plus par semaine que le maximum prévu par la loi.
(Belga)
