Daerden : qui se planque derrière ce bouffon ?

BOUILLON,PIERRE

Mercredi 20 janvier 2010

Au fond, on en vient enfin à l’essentiel. Après quelques années de folklore douteux et de questionnements aussi réguliers que surréalistes sur l’état de lucidité de

Michel Daerden (voyez, encore, ses récentes prestations au Sénat), on en vient donc à la question qui nous semblait principale, cardinale, essentielle : Michel Daerden est-il un

individu honnête ?

A-t-il profité de ses positions politiques (bourgmestre, ministre) pour flatter ses activités de réviseur d’entreprises ?

Daerden-le-ministre a-t-il aidé Daerden-le-réviseur ?

La Justice tranchera. Elle vérifiera si des fautes ont été commises. Mais qu’elle vide l’affaire au bénéfice du Liégeois ou en sa défaveur, pour nous, un élément est clair. S’agissant de Daerden et de ses liens avec le révisorat d’entreprises, les règles de l’éthique ont été bafouées. Dans les grandes largeurs. Pendant longtemps.

Et de façon aveuglante.

On ne peut pas reprocher aux politiques d’avoir un passé, des diplômes et une vie professionnelle. Mais l’on peut exiger d’eux qu’ils dressent une cloison rigoureusement étanche entre leur fonction publique et leurs intérêts privés.

Or, avec Daerden, c’est tout le contraire qui s’est passé. Devenu ministre en 1994, le Liégeois s’est désengagé de son activité révisorale la même année, au profit de son… fils.

Leur bureau a pour clientèle une quantité saisissante d’organismes publics qui dépendent des niveaux politiques qu’ils occupent ou ont occupés. Le conflit d’intérêts est tout simplement évident. L’Institut des réviseurs d’entreprises l’a confirmé en 2007, dans un jugement que la Cour de cassation a validé en 2009.

Désormais coursé par la Justice (on l’a appris lundi), voilà Daerden convoqué devant le Comité de déontologie du PS (on l’a appris mardi).

On prend acte.

On prend acte du fait que ce lundi 18 janvier 2010, le PS a décidé de s’inquiéter de la régularité d’une situation que le MR et Ecolo dénoncent depuis treize ans (signées Ecolo, les premières interpellations sur Michel Daerden-le-réviseur remontent à 1997).

Treize ans.

Pas de résultats.