« Mercator » hisse les voiles

LAUWENS,JEAN-FRANCOIS

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Jeudi 21 janvier 2010

Télévision Le jeu présenté par Olivier Minne à la RTBF arrivera le 2 février

C’est un fameux trois-mâts... hissez haut… Il ne s’appelle pas Santiano, pas non plus Mercator, mais Artémis. À partir du 2 février, il prendra la mer sept semaines durant, chaque mardi soir sur la Une. La RTBF a présenté mercredi les premières images de Mercator, sans doute le programme de divertissement le plus ambitieux jamais mis à l’antenne en Belgique francophone. On a l’habitude de comparer les productions de nos chaînes en matière de divertissement à celles des chaînes françaises. Et le résultat est souvent pathétique.

C’est une des raisons pour lesquelles Mercator, tourné durant tout le mois d’octobre en Méditerranée, fera sans doute date. Développé par la société de production Kanakna, le jeu a fait ses preuves à la VRT. Ce qu’on en a vu est d’une facture exceptionnelle et pourrait être diffusé en prime-time sur TF1 ou France 2. Enfin, dira-t-on. Pourtant, assure Jean-Michel Germys, le patron des divertissements à la RTBF, « si le budget de l’émission est confidentiel, je peux vous assurer qu’on est resté dans les normes RTBF. Nous avons d’ailleurs réduit le nombre d’émissions par rapport à la VRT. Mais le bateau, la mer, le caractère itinérant donnent une impression majestueuse ».

Pour tout dire, on ne comprendrait pas que le grand public n’accroche pas à ce concept avec lequel la RTBF espère avoir trouvé le grand divertissement fédérateur auquel elle aspire depuis si longtemps. Ou alors, c’est à n’y plus rien comprendre. « Au début, on a l’impression de regarder un jeu comme un autre, s’enthousiasme Olivier Minne. Ensuite, on est aspiré vers quelque chose d’autre. »

De minute en minute, on a l’impression de naviguer de Fort Boyard, que présente Minne, à Koh-Lanta, en passant par Da Vinci Code. Des comparaisons que réfute l’animateur belge parti en France il y a 20 ans : « Mercator est itinérant, au contraire de Fort Boyard ; il n’est pas question de survie comme dans Koh-Lanta. Ce n’est pas Pékin Express non plus, c’est Mercator ! Et c’est ce que j’ai aimé : l’émission ne louche pas sur les côtés, elle a son propre monde. Ce qui me plaît également, c’est que le jeu fonctionne sur des principes nobles : la culture, l’histoire, pas d’élimination des candidats sur une base de délation ou de stratégie de merde mais sur la base de l’observation, de la mémoire. Et puis, la télé d’aujourd’hui est intéressante quand elle raconte des histoires, et ici, c’est un vrai feuilleton. La mécanique est intéressante car, au contraire de Fort Boyard, où les candidats forment des équipes, ici, ils n’en forment que le temps d’une escale car il s’agit bien d’un jeu individuel. »

On aura évidemment l’occasion de revenir sur le principe de ce jeu. Le 2 février, 10 candidats très différents débarqueront à Barcelone. Au terme d’un mois de navigation, de sept escales dans des ports de la Méditerranée, le vainqueur, qui aura deviné la destination finale, remportera 15.000 euros. Après avoir bravé des tempêtes, des serpents, avoir vécu totalement coupé du monde. C’est donc un jeu, rien qu’un jeu mais avec un aspect téléréalité. « Le mot ne nous fait pas peur, dit le producteur Olivier Evrard, on sort de Y a pas pire conducteur ! Mais c’est une téléréalité comme nous la concevons. Bien sûr, il y a eu des conflits mais la majeure partie des tensions se fait autour du jeu. » Mais Mercator ne séduira pas que les fous de jeux…

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